Paris Fashion Week #1 Esprit Rock, Références Historiques et Jeunes Créateurs Sur Fond De Volumes Oversized

Le premier jour de la Fashion Week parisienne est connu pour être dédié aux jeunes créateurs ; c’est donc pourquoi le monde de la mode scrute avec la plus grande attention les défilés de cette journée singulière. Aalto, Paskal, Melitta Baumeister, Koché, mais aussi Y/Project ou Jacquemus donnaient le coup d’envoi de cette dernière étape du Fashion Month.

Chez Saint Laurent, Anthony Vaccarello présentait sa seconde collection au même titre qu’Olivier Theyskens qui signait une collection d’inspiration victorienne et résolument rock pour sa marque éponyme, de retour sur les podiums depuis une saison. À l’image de Vera Wang qui recevait la Légion d’Honneur à Paris, la marque américaine Rodarte dévoilait sa collection au-delà de ses frontières, déclarant ouverte une intense semaine de la mode.

LE 28 FEVRIER AUX INVALIDES, à Paris, Vera Wang recevait le titre de Chevalier de l’ordre national de la Légion d’Honneur. Une distinction de taille pour cette créatrice américaine de 67 ans, assez peu connue en France hors du cercle des professionnels de la mode. Il est donc logique de croire que Vera Wang ait travaillé, ces derniers mois, en pensant à cette prestigieuse récompense. D’où l’inspiration napoléonienne qui dicte sa collection automne-hiver : l’esprit militaire se reflète dans les broderies de plumes dorées qui ornent les cabans ou une mini robe sculptée dont la rigueur s’applique aussi à des basques qui structurent la silhouette. Parfaitement adapté au quotidien des clientes new-yorkaises de la marque, ce large blouson en peau lainée réchauffera l’hiver. Concernant les longues robes vaporeuses, elles intègrent même des éléments de tailoring, préférant aux gants longs des manches de costume, tellement plus 2017.

L’un des événements de la journée était le défilé de Tuomas Merikoski, le créateur d’Aalto. Sa marque lancée en 2015 s’inspire de ses origines finlandaises, de la culture et de la jeunesse actuelle du pays, donnant vie à des collections tout en constrastes. À l’image de ce costume-pantalon à rayures banquier ourlé de fourrure. Les robes asymétriques mêlent du shirting et du velours rayés. Les rayures se déclinent aussi, dépareillées, sur des ensembles corporate et modernes : veste, chemise, pantalon, jupe ou manteau qui revisitent à merveille les essentiels de l’esprit tailleur. Sur une silhouette, un manteau à revers, une chemise ornée d’une cravate, un pantalon et des bottines sacrent le total look rayures comme le nouvel uniforme. Les pantalons sont ceinturés à la taille, au-dessus des genoux et aux chevilles. Parmi les modèles défilaient des rayures colorées, du marron, un pull en jacquard et des pièces fluides. Les doudounes matelassées sont spectaculaires mais portables, gonflées comme si le créateur les avait imaginées en trois dimensions. Toutefois, la pièce forte de la collection restera cette robe à cordons signée de Sami Saramäki, imprimée de paysages lapons et d’ondes boréales, de corps et de visages de femmes.

Chez Lucien Pellat Finet, une veste de sport en velours portée sur un short assorti annonçait l’esprit de la collection. Les shorts se portent avec des chemises en popeline rayée ou en satin, tandis que les vestes de survêtement donnent un look décalé aux silhouettes de la marque.

Chez Paule Ka, les robes du soir sont richement brodées, parfois frangées, et ornées de dentelle colorée et métallisée. Les manteaux sont enveloppants comme des couvertures, enroulés autour de la silhouette. Sur des robes amples ou des modèles drapés plus près du corps, le blanc révèle toute sa splendeur. De délicates mitaines transparentes brodées de cristaux complètent ce vestiaire opulent mais jamais cliquant.

Quoi de neuf chez Y’s ? Si les pantalons à bretelles et les cabans déclinés dans des couleurs sombres sont fidèles à l’esprit du fondateur de la marque, d’autres pièces plus classiques, comme un ensemble veste-pantalon beige semblent dépossédées du style Yamamoto – ce qui n’enlève rien à leur charme, soit dit en passant. Il n’est pas certain que les fans s’y retrouvent dans ces imprimés floraux, même s’ils savent mieux que personne que le créateur ne dessine plus les collections de cette ligne qu’il a fondée. D’où cette omniprésence des couleurs, certes relativement sombres, sur des pièces à la coupe minimaliste – pantalons courts et évasés, jupes amples, maille intemporelle… – qui enrichissent le vocabulaire Y’s. Certaines pièces sont en réalité de faux unis comme ces fleurs ou ces pois ton sur ton. Les modèles les plus convaincants restent les tops rayés, les chemises larges et les manteaux à double-boutonnage.

Chez Paskal, l’hiver se décline autour de robes blanches transparentes, taillées dans des matières délicates et mousseuses. La plupart se composent d’un top et d’une jupe assemblés par des lacets, noués à la taille. Les vestes et les manteaux qui les accompagnent jouent sur le même thème alors que les manches arrondies complètent cette garde-robe féminine et moderne à la fois. Toujours synonymes de mouvement, les plissés apportent une note de légèreté. Moins subtils, les carreaux pied-de-poule sont brodés de fleurs en tissu qui s’inscrivent dans la lignée des robes imaginées par Julia Paskal pour le printemps. Les mélanges d’imprimés et la maille oversized sont également de saison, mais il faudra attendre l’hiver prochain pour se les offrir, tout comme ce superbe manteau fluide de couleur parme. Aux pieds, des Dr Martens entièrement blanches signent la collection.

Au cœur du Train Bleu, le mythique restaurant de la Gare du Nord, Olivier Theyskens présentait une collection d’inspiration victorienne particulièrement moderne. Chez le créateur belge, dont la marque éponyme a fait son grand retour sur les podiums l’hiver dernier, l’esprit victorien de la saison s’illustre par des cols montants, de longues rangées de boutons et des agrafes en métal qui ferment certaines des pièces. Une longue robe noire imprimée de léopard ton sur ton, volantée, ceinturée et boutonnée jusqu’en haut revisite à merveille le style de cette époque, décidément source d’inspiration pour de nombreux designers. Long ou court, le trench en cuir redevient l’accessoire fétiche de la parisienne. Les minirobes en cuir ou en satin moiré, aux finitions volantées, aux épaules froncées et aux cols montants sont la clé d’une allure rock et intemporelle.

Fall / Winter 17 – Collection Sketches in the Studio

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Les bottines pointues donnent un côté subversif à ce vestiaire d’inspiration bourgeoise fait de satin, de velours et de soie. D’ailleurs, si la peau ne se dévoile que peu, couverte par des gants et des collants noirs, les robes près du corps se chargent de tracer les contours de la silhouette. Les blazers en tartan s’inscrivent dans la tendance tailoring et les bustiers en satin se portent aussi bien sur des jeans à bords francs que sur de la maille. Quant à ces robes fluides qui descendent jusqu’aux chevilles, elles sont chic, tout simplement.

Récompensée par le prix Chloé lors de l’édition 2014 du Festival de Mode de Hyères, Liselore Frowjin offre pour l’hiver prochain de riches mélanges de matières et de textures, associant du satin à de la maille ou à des tissus argent métallisés. Dans la tendance spatiale de la saison, de spectaculaires imprimés planètes nous font voyager dans l’espace, placés sur un manteau, une parka et un blouson matelassés ainsi qu’une jupe plissée. Le velours, côtelé ou imprimé, est lui-aussi traité de façon audacieuse.

Sur un tapis de fourrure violette, les mannequins du défilé Anrealage défilaient dans des robes expérimentales, structurées de plis à l’horizontale. Sur certaines pièces, les motifs circulaires rappellent ceux du bois, dans un style organique régulièrement cité comme inspiration par la marque. Les sweats et les vêtements d’extérieur sont arrondis, étriqués aux épaules. La silhouette la plus accessible de la collection ? Une blouse noire volantée, brodée de cristaux, portée sur un jean gris en bandes de denim placées selon un motif spirale. D’ailleurs, ce sont ces mêmes motifs que nous retrouvons sur un bomber et une jupe zippés ou sur le reste des pièces en jean, comme une obsession.

Melitta Baumeister, diplômée de la Parsons School of Design en 2013, peut déjà se targuer d’avoir habillé Rihanna et Lady Gaga, et de compter le Dover Street Market parmi les points de vente qui offrent ses modèles aux incroyables proportions, travaillés dans des matériaux inédits et dans une palette monochrome, majoritairement – si ce n’est exclusivement – noire et blanche. Adepte de l’expérimentation, la créatrice appartient néanmoins à cette génération formée aux impératifs du marché, d’où ce sweat noir aussi indispensable que commercial. Plus loin, une version oversized et gris foncé du sweat à capuche se révèle davantage en adéquation avec l’univers de Melitta Baumeister, celui d’une exploratrice qui repousse toujours plus les limites des proportions. Une matière polaire se décline sur certains modèles comme les robes aux épaules carrées XXL, à la taille mathématiquement affinée par ce jeu de proportions. D’autant plus que les mannequins sont juchées sur des chaussures à plateformes, à mi-chemin entre Marc Jacobs et Vêtements. L’austérité d’un manteau en cuir ou d’une robe plissée est dédramatisée par un cabas oversized, du nylon ou du denim rigide – particulièrement réussi sur des robes aux épaules carrées ou une veste à la coupe boxy. Les chemises unies ou rayées se portent sur des shorts et sous des gilets courts matelassés. À la fin du lookbook, un blouson noir à boutons pressions, au col et aux poches haut placés, trace les contours d’une allure incroyablement moderne. À porter les mains dans les poches, évidemment.

@melittabaumeister #melittabaumeister

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Après le centre commercial des Halles, le Passage du Prado, et la Canopée fraîchement rénovée, Christelle Kocher embarquait les fidèles de sa marque Koché pour un début de soirée mémorable aux Folies Bergère. L’endroit parfait pour dévoiler une collection traversée de multiples influences, joyeuse et colorée. Les pulls de rugby revisités sont au cœur de cette collection, la quatrième de la marque, où les jeux de rayures asymétriques et les matières luxueuses donnent un sérieux coup de fouet à ce basique du dressing. Ils sont ornés de satin, associés à des jupes à volants ou transformés en robes. Le jogging aussi se voit transformé grâce à du satin, porté sous un top en chutes de tissu brodé de perles ou sur de la dentelle électrique. Dans sa version sport, le velours s’invite sur des tops ou des ensembles façon survêtement à motifs graphiques. Le soir, il est géométrique, rayé sur des robes asymétriques. Une palette de nuances pastel complète ces pièces sporty couture : un corset métallisé cuivre porté sur un pantalon rose pâle avec un blazer aux couleurs sorbet ; des tops, blouses et robes à volants ; un ensemble pyjama boutonné… L’allure street de Koché est également remarquablement retranscrite dans des pièces en denim ou sur ces pulls bleu ou rouge texturés. Mais l’atmosphère des lieux est particulièrement pertinente lorsque défilent ce top vert façon camisole brodé de perles et de plumes ainsi que ces modèles drapés, volantés, plissés et rebrodés dans des nuances éclatantes de rose et de rouge. Plus loin, des plumes sont encapsulées sous une parka, parfait mélange entre savoir-faire couture et esprit streetwear. L’essence de Koché s’inscrit merveilleusement bien dans la mode d’aujourd’hui.

@numeromagazine @koche_official

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En hommage à son oncle toréador et au couturier Christian Lacroix dont il admirait les modèles dans les magazines que lui prêtait sa mère alors qu’il était enfant, Simon Porte Jacquemus présentait cette semaine une collection intitulée « L’amour d’un gitan » qui faisait écho à son dernier défilé sur le thème des « Santons de Provence ». Sur un tapis de feutre rose, coiffées de chapeaux noirs, les mannequins marchaient au rythme d’une version instrumentale de Sous le ciel de Paris – la célèbre chanson d’Edith Piaf – jouée à la guitare. Les coupes étaient fortes, oversized bien sûr – l’une des signatures de Jacquemus -, et donc terriblement actuelles. À commencer par les vestes, indispensables cette saison. Ici, elles sculptaient la taille grâce à des basques et des jeux d’asymétrie, élargissaient les épaules par le biais de manches arrondies ou anguleuses, et redessinaient le buste par des décolletés plongeants et des revers surdimensionnés. Les manteaux aussi se jouaient des volumes, comme ce long pardessus noir cintré sur le haut du corps et admirablement exagéré à la taille. Les pantalons larges, eux, se faisaient plus rares que pour cet été : un gigantesque modèle taille haute à rayures orné de poches suffisait à combler nos attentes, même s’il aurait pu faire l’objet de davantage de déclinaisons. Cela dit, la logique voulait que les pantacourts de toréador dominent : d’où ces modèles froncés portés avec des blouses et des tops plissés, ruchés, à pois ou en satin. Des costumes noirs en laine se voyaient également réinterprétés dans des configurations inattendues et très enthousiasmantes.

The Jacquemus Fall Winter 2017 show #jacquemus #pfw #bureaubetak #fw17

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Si les robes n’étaient pas particulièrement spectaculaires, elles venaient s’inscrire dans les pièces commerciales – sans connotation péjorative aucune – que les revendeurs de la marque proposeront à leurs clientes dès la fin de l’été prochain. Des pièces faites pour être portées, au même titre qu’un top en maille au boutonnage asymétrique ou qu’une parfaite chemise blanche froncée à la taille, au décolleté couture.

#Jacquemus #PFW #FW17

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Alors que de scandaleuses publicités Saint Laurent s’affichaient sur les kiosques de la capitale, mettant en scène des images suggestives et jugées dégradantes pour la femme, Anthony Vaccarello présentait sa deuxième collection de prêt-à-porter pour la marque. Dévoilée en septembre dernier, sa collection printemps-été était dans la continuité des mini robes aux épaules larges de l’hiver dernier imaginées par son prédécesseur Hedi Slimane, dont il conservait l’esprit rock, le cuir, les jeans et les smokings à la coupe skinny, ajoutant sa touche personnelle via des jeux d’asymétrie, de la transparence et des coupes qui annonçaient le retour des années 80. Sur les boucles d’oreilles et sur les talons, les clins d’œil au célèbre logo dessiné par Cassandre ont fait parler d’eux dès la fin du show et ponctuent actuellement les séries mode de la saison. L’hiver prochain reste dans le même esprit : les icônes du style Saint Laurent, réinterprétés pour des filles d’aujourd’hui. Les minirobes en cuir plissées et volantées dont dépassent de la lingerie en dentelle se portent avec des bottes drapées, qui blindent la silhouette, déjà élargie par ces larges épaules taillées à l’horizontale. Un blouson d’aviateur en cuir cognac et mouton retourné se transforme en un gant long architecturé qui équilibre une robe asymétrique portée par Mica Arganaraz. À l’origine de nouvelles proportions, ces gants se retrouvent sur une robe mini ainsi que sur un pull noir porté sur un slim en cuir, l’un des nombreux uniformes de la parisienne de moins de trente ans. Classiques mais remarquablement exécutés, les blousons en peau sont promis à un grand avenir, dans les rues de la capitale et bien au-delà. Des petits pulls sont glamourisés par des mini minijupes à volants tandis que les pantalons de costume se portent sous des débardeurs essentiels ou des pulls en jacquard.

Maybe the legacy of a talent as protean as Yves Saint Laurent is so overwhelming that you need to fixate on one or two elements per season to maintain equilibrium. There’s always next season to introduce one or two more (the fashion equivalent of “tomorrow is another day”). It was that way with Tom Ford and Hedi Slimane. And so it is with Anthony Vaccarello. Subversion, dark romanticism with a hint of perversity: these were the elements that Vaccarello settled on. His pistols were loaded, but he was firing blanks in comparison to the shots that Saint Laurent took in his glory days. He sure as hell stuck to his guns for the duration of the performance, however. Read Tim Blanks' full review of the latest Saint Laurent collection now on businessoffashion.com [Link in bio] #PFW #saintlaurent #ysl #fashion

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Les manches sont volontairement trop longues, mais presque retroussées à la bonne longueur par des jeux de drapés. Le cuir est à l’honneur, grainé, lisse ou verni, mélangé à du satin, du velours ou de la mousseline, dans le plus pur esprit Saint Laurent. Soudain, une petite robe noire en velours brodée d’un iris apparaît, comme un hommage aux vestes brodées de 1988. Le jour, les robes fluides et les déshabillés de soie contrastent avec l’outerwear : parka militaire, cabans, fourrure… Le soir, ce sont des matières brillantes et métallisées, comme ce bleu électrique et électrisant, ces sequins et ces cristaux qui sculptent le haut du corps et dévoilent les jambes. Tels une cotte de mailles moderne, les cristaux habillent le revers d’un blazer, recouvrent un pull torsadé ou un chemisier fluide, et tapissent tout en lumière des mini robes ainsi que des bottes, déjà adoptées par Rihanna. Associés à du velours sur des pièces dont la coupe s’assagit par rapport à la frénésie eighties du début du show, ils sont parfaitement intemporels. L’allure est celle d’une party girl aussi à l’aise dans les soirées mondaines que sur le dancefloor. Pour les lendemains de fête, elle portera un pull « LouLou », clin d’œil à Loulou de la Falaise, muse éternelle d’Yves Saint Laurent… avant de retourner danser jusqu’au petit matin.

JULIA for SAINT LAURENT @ysl @anthonyvaccarello @alastairmckimm @anthonyturnerhair @tompecheux @samuel_ellis @drnobis

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Chez Y/Project, Glenn Martens revendiquait s’inspirer de la royauté, de Marie-Antoinette aux rois du rap des années 90. Un bond en avant qui se traduisait sur le podium par des matières brillantes et moirées, aussi XVIIIème siècle que 1990. Les manches des blousons étaient froncées comme celles des robes d’époque, elles-mêmes réinterprétées dans des modèles volantés. Parfaite illustration de ce mélange des styles, un manteau de fourrure s’épanouissait dans des proportions extravagantes. Son pendant plus portable le suivait de quelques mètres : la fourrure était présente sur les manches d’un très beau manteau noir ceinturé, porté sur un hoodie vert foncé dans un style plus urbain. Le denim signature de Y/Project est déstructuré puis restructuré à l’infini. Les minijupes ressemblent à des chemises dont on n’aurait gardé que le partie inférieure. Aux pieds, d’impressionnantes cuissardes drapées en python rivalisent d’inventivité avec des sandales dont les brides ornées de cristaux s’enroulent autour des jambes. Il n’y a presque plus rien de surprenant à ce que du velours soit présent dans chacune des collections de cette semaine parisienne, tant cette matière semble régner en monarque absolue sur la saison. Il est donc là, magistral, sur une robe à col montant rouge foncé ou dans une version côtelée déclinée dans des proportions XXL, sur un manteau royal ou sur des pantalons de toutes sortes. Les slipdresses d’inspiration lingerie ourlées de dentelle se portent sur des pantalons. Certaines pièces nous font voir double comme un blouson orné de nœuds ou une chemise rayée, parfaitement corporate. Les mannequins serrent la main à leurs minaudières, des mains en métal argenté ou doré retenues par de longues chaînes. Une écharpe de supporter multicolore semble venue de nulle part. Les manteaux suggèrent un besoin de protection, tout comme une combinaison en plastique des plus extrêmes. Une autre combi-pantalon blanche à capuche entièrement brodée de micro cristaux trace les contours d’une allure résolument nouvelle. Elle sera parfaite portée avec des lunettes masque et des escarpins métallisés, capuche baissée. Qui se charge d’appeler Rihanna ? Si les spectaculaires robes froncées ne sont pas évidentes à porter dans la vie de tous les jours – n’est pas Marie-Antoinette qui veut -, Glenn Martens pense aussi au quotidien : d’où cet ensemble en satin argent à fines rayures, cette blouse oversized et ce manteau en cuir bordeaux, ces carreaux d’hiver ou ce pull militaire porté sur un jean corseté par des chaînes de couleur or. Les pièces les plus désirables sont ces longues robes fendues lacées sur les côtés et virevoltant telles des crinolines, versions luxe d’un t-shirt blanc et d’un sweat nude prolongés jusqu’au sol. Audacieuse et visionnaire, Marie-Antoinette les aurait forcément adorées.

#yproject f/w17.

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Cette saison chez Rodarte, les robes en dentelle arachnéenne signature des sœurs Mulleavy sont incroyablement fines et légères, même lorsqu’elles sont recouvertes de perles, comme de la rosée. Des modèles couleur chair ou or sont entièrement brodés de sequins que l’on retrouve aussi sur un ensemble cropped top-pantalon ainsi que sur une sublime longue veste fluide. Tendance émergente de la saison, les longs gants volantés sont spectaculaires. Dans un registre plus rock, les blousons de cuir zippés sont cloutés et brodés de motifs floraux. Tout comme le reste de la collection, à l’exception de quelques chaussures à plateformes, ils se portent avec des rangers revisités en version luxe. À cela s’ajoute un florilège de bijoux colorés, tous plus féeriques les uns que les autres.

Details ✨💕

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Photo de couverture : (Défilé Jacquemus) Courtesy of Office Magazine

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