London Fashion Week #5 Suite et Fin d’une Histoire De Proportions

Plus encore qu’à New-York, cette semaine de la mode londonienne a véritablement témoigné de l’influence de Demna Gvasalia sur l’industrie de la mode. Le créateur du label Vetements, qui officie également depuis l’année dernière chez Balenciaga, a inspiré de nombreux créateurs.

D’où ce tailoring couture, souvent déconstruit et imprimé de carreaux, ces imprimés floraux, cette palette néon et ces robes asymétriques, ce focus sur l’outerwear, notamment technique, ces sweats et hoodies d’inspiration street, ces chemises XXL, ce denim retravaillé… Et bien sûr, ces proportions démesurées, qui des épaules carrées ultra larges aux manches ballon en passant par les pantalons oversized sculptent ou gomment la silhouette. Des codes partagés avec l’une des marques les plus créatives du moment, Marques ‘ Almeida, dont la collection était incontestablement la cerise sur le gâteau de cette fashion week londonienne.

FIDELE A SON STYLE, Emilio de la Morena ouvrait cette dernière journée de fashion week londonienne avec une silhouette longiligne glissée dans des minirobes bouffantes portées sur des collants opaques et des chaussures masculines. Tout au long du défilé régnait la longueur mini, même lorsque défilaient des manteaux de fourrure façon shearling, simplement portés sur des boots et des collants. Emilio de la Morena cette saison de nombreuses variations autour de ses signatures : volants et dentelles sont mélangés et déclinés dans de nombreuses couleurs sur ces mini robes de party girl. Cependant, la silhouette s’allongeait au fur-et-à-mesure des passages, comme avec cette robe bicolore rose et noire à manches ballon. Dans un registre plus masculin-féminin, les costumes-pantalons satinés à rayures verticales sont agrémentés de basques qui confèrent un supplément d’âme à ces pièces ainsi que de la structure. Le meilleur moment de ce défilé ? Lorsque sont apparus ces deux modèles de robes noires dont le jupon transparent laisse entrevoir des plumes colorées.

Après une saison présentée chez l’incubateur londonien Fashion East, Richard Malone a présenté sa collection automne-hiver de façon indépendante. Tout en nuances d’orange et cyan, ses imprimés graphiques et floraux s’invitaient sur des pantalons larges et longs, des robes au-dessus des chevilles, des cols montants, mais aussi des vestes ou un manteau cocon. Même s’il s’agit bien là d’une collection hiver, la palette est résolument estivale : dévoilant les épaules et même un nombril comme ce top tangerine asymétrique, certaines de ces pièces accompagneront les croisiéristes jusqu’à l’été suivant.

Groovin @richardmalone @heleneselam @themodelshaunfeb12 @go_tavares

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Lancée pour le printemps 2012, Victoria Victoria Beckham est la ligne bis, donc plus accessible de la créatrice britannique. Mais n’allez pas croire que VB accorde moins d’attention à cette marque. À l’origine, les imprimés chats et lunes appliqués sur des robes colorées à la coupe sixties avaient surpris le monde de la mode et connu un succès remarquable. Cette saison, cinq ans après ses débuts, la femme VVB a incontestablement mûri, à en voir la palette de gris, tout d’abord : cinquante nuances de confort et de chic qui se mélangent sur ces silhouettes dans lesquelles on imagine déjà la créatrice elle-même. Manteau gris clair sur pull à col roulé gris moyen et pantalon d’homme gros foncé ; superbe veste en peau lainée gris clair sur pantacourt large gris moyen et bottes en cuir verni ; chemise façon denim en patchwork de gris sur pantalon large… Décontractée mais pas sportswear, l’allure semble être celle d’une passagère en transit, dans l’un des aéroports dont le nom est écrit sur les manches et le bas de sa combinaison en soie ou sur les côtés de ce survêtement, incontestablement le plus chic de ce fashion month. En gris, noir ou blanc, elle porte des pantalons larges, associés à un gilet oversized, un top long comme une tunique ou une magnifique chemise ceinturée à la taille. La maille est superposée, nouée autour du cou ou de la taille, texturée… Quant au denim, il est brodé de sequins : non pas entièrement mais seulement en-dessous des coudes et des genoux. En plus de ces carreaux, must-have de la saison, quelques motifs graphiques – abstraites ondulations ou visages arty – complètement cette collection qui, tout comme sa créatrice Victoria Beckham, est remarquable pour son bon goût, sans jamais en faire trop.

Chez J. JS Lee, tout était question de proportions : inspirée de son enfance, lorsque la créatrice s’amusait à essayer les vêtements de ses parents, sa dernière collection jouait notamment sur les longueurs, donnant vie à des manteaux dont les revers et les doubles-boutonnages se trouvent au niveau du bas des manches voire au-dessus des genoux. Sur le défilé, les modèles nous interpellent mais rien n’est insensé. Ici aussi, les carreaux sont à l’honneur sur des manteaux ou des pantalons qui donnent une allure masculin-féminin. La déconstruction est également à l’origine d’idées intéressantes comme ces empiècements cousus sur les manteaux ou encore une jupe fendue et un pantalon dont les ceintures sont dédoublées et déplacées vers le haut. En plus de ces idées quelque peu expérimentales, Jackie JS Lee propose aussi des pièces faites pour le quotidien : de superbes chemises, du vert menthe, des écharpes courtes nouées autour du cou, des manteaux noir ou camel et de la maille oversized.

Isa Arfen, elle, proposait des motifs à losanges comme le costume d’Arlequin au milieu de clins d’œil à la Commedia dell’arte comme ces pantacourts à la taille volantée et ces blouses à péplum ou aux manches en volume. Un ensemble – veste cropped aux épaules carrées et pantacourt – en velours à carreaux s’inscrit parfaitement dans les tendances de saison. Le velours se décline aussi dans une version froissée, très théâtral en orange mais plus ennuyeux en rose pâle. Sur quelques pièces en satin est imprimée une illustration de Marcela Gutiérrez qui a déjà collaboré avec la marque par le passé et qui a également travaillé avec le regretté Alexander McQueen, dont elle était la collaboratrice. Les jupes asymétriques et le néoplumetis complètent cette garde-robe un peu carnavalesque.

Chez Toogood, l’esprit « uniforme de travail » bricolé des sœurs Erica et Faye Toogood (oui, il s’agit bel et bien de leur nom !) a donné vie à une collection pleine d’idées pour améliorer le quotidien : un très beau manteau bleu pétrole, un ensemble jaune, un tablier marine porté sur une chemise assortie, une superbe veste en peau et peau lainée, des pantalons larges ou encore un ensemble tâché d’une multitude de couleurs façon tenue de peintre, le tout dans des proportions plus ou moins oversized. Tout est portable, mais avec ce qu’il faut d’audace. Qui plus est, l’ensemble des pièces est unisexe.

Classée dans l’édition 2016 du BoF 500, le classement établi par The Business of Fashion, Xiao Li est connue pour son travail expérimental autour de la maille. Cet hiver, elle est XXL, comme sur ces pulls à manches longues ourlés de touches de couleurs vives et portés avec des écharpes et bonnets assortis. Ses cols montants volants, à nouveau très d’actualité, se portent sous des blouses et des robes volantées qui dénudent gracieusement les épaules, des petites vestes dont les manches sont nouées aux poignets, et même un modèle de veste de style victorien ultra modernisée. Une chemise nouée à la taille, ici portée sur un pantalon sombre en velours dévoré, se révèle parfaitement intemporelle, tout comme ce manteau marine ceinturé au col oversized ou cette robe en popeline bleu ciel. Les noeuds placés au niveau des poches et des poignets ajoutent une touche de féminité. Le velours dévoré est spectaculaire, notamment sur cette robe vert menthe au col montant. L’outerwear est particulièrement convaincant, tout comme cette palette de tons doux dominée par l’écru, le bleu – marine ou ciel – et le rose pâle.

💙 Xiao Li AW17 💙

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Quoi de mieux que de terminer une journée par un défilé Marques ‘ Almeida ? Terminer une semaine entière de défilés par un défilé Marques ‘ Almeida ! Parce qu’il s’agit assurément de l’une des marques les plus créatives du moment, tout simplement. Pour l’hiver prochain, Marta Marques et Paulo Almeida misent plus que jamais sur les imprimés graphiques, mettant à l’honneur les rayures noires et blanches portées sur des ensembles en total look ou dépareillées ; les carreaux noir et blanc, vichy, façon échiquier ou plus fins blancs sur fond noir ; ou les pois proposés en version XXL. Dans le même registre graphique, certains pantalons et vestes de la collection sont bicolores, comme séparés en deux. Plus arty, les motifs tâches de peinture ou psychédéliques complètent cette garde-robe peu banale. Parmi les pièces les plus intéressantes, il y a notamment ces jupes à volants déstructurées. L’une d’entre elles est immaculée, portée sur un sweat blanc assorti. Un look tout simplement idéal. De même, les manteaux oversized et les chemisiers sont parfaits. Parmi ces derniers, l’un d’eux est même ceinturé par un corset. Un ensemble et un pardessus jaune d’or ainsi que des pièces jaune néon créent des looks monochromes pleins d’audace. La peau lainée est laquée noire ou métallisée or, et le denim, signature de la jeune marque, est décliné sur des ensembles aux proportions XXL. Jamais classique.

Photo de couverture :

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