London Fashion Week #3 Inspirations Historiques, Riches Broderies et Coupes Oversized Célèbrent le Maximalisme à l’Anglaise

A Londres, l’hiver prochain s’annonce déjà chargé d’imprimés, de broderies 3D et de couleurs vives, si l’on en croit les collections de Preen, Mary Katrantzou, Peter Pilotto, Temperley ou Anya Hindmarch. Certes, il ne s’agit en rien d’une nouveauté chez ces marques peu habituées au minimalisme, mais cette saison, leurs messages prennent un ton beaucoup plus politique.

Dans un contexte d’instabilité marqué par le Brexit, les créateurs multiplient les références à leur Royaume-Uni comme chez Mulberry où l’inspiration équestre de Johnny Coca nous emmène en virée dans la campagne anglaise. Plus historique, mais résolument tournée vers le présent, la superbe collection du duo Preen inspirée du mouvement des Suffragettes fait un clin d’oeil remarquablement moderne – et féministe – à l’histoire britannique. Peter Pilotto et Anya Hindmarch préfèrent s’évader vers des contrées lointaines, tandis que Mary Katrantzou voyage dans l’univers onirique des studios Disney. David Koma, lui, propose une mode militaire et définitivement militante. Parmi les moments forts de cette journée, nous retiendrons aussi les collections de MM6 Maison Margiela, Toga et enfin Roland Mouret, qui pour ses vingt ans de création fait son grand retour dans la capitale. Tous s’accordent sur une chose : cristaux, sequins, perles, couleurs précieuses, imprimés floraux, dentelle, broderies, velours, fourrure, matières métalliques… La saison sera maximaliste. Ce que les coupes oversized, les jeux d’asymétrie, les épaules élargies et les manches tout en volume confirment avec aplomb.

PARMI LES ESSENTIELS de la saison prochaine, la très pragmatique Margaret Howell proposait de nombreuses pièces à l’esthétique boyish : un imper à la macintosh porté sur une chemise à cravate imprimée cachemire, un long caban, un blazer masculin porté sur chemise à jabot en chambray, et quelques touches d’orange citrouille ou de vert associées à des carrot-pants 7/8. L’un de ces pantalons en velours côtelé – l’une des matières phare de la collection – donne un charmant côté masculin-féminin à un look blazer-chemisier blanc-derbys : la dégaine que ses clientes les plus fidèles ne tarderont pas à adopter la saison prochaine. Peut-être même que nous verrons certaines de ces robes-tabliers – tout de même très littérales – sur les hipster girls londoniennes. En attendant, carreaux masculins, chemises à rayures ou en micro vichy, pulls fair isle et touches de beige complètent cette garde-robe résolument preppy.

MARGARET HOWELL: Dominic liked the look with the corduroy at @margarethowellltd's #AW17 show this morning. It was a two-set – jacket, slightly wide and boxy on the shoulders, the trousers cropped at the ankle. And, talking of the ankle, could we say it was having a bit of a moment of its own here? The trouser hems rose just above it, or occasionally, high above it, meaning it was revealed in glimpses. Sometimes in a nicely coloured sock. Can the ankle, once again, be considered an erogenous zone? Maggie is always very good at the tomboy thing, and here her lady came in tailoring and a tie – a boxy collarless jacket and sort of carrot shaped trousers, worn with trainers. And this play on masculine tailoring was suitable here because this marked the brand's very first co-ed show, meaning that Howell's boys and girls walking together in perfect harmony. Which makes total sense. These two practically share a wardrobe. Elsewhere, it was another delivering of the reassuringly beautiful clothes that Margaret delivers season after season. There’s something to be said for knowing what works and sticking to it. A lovely white shirt, half tucked into a navy trousers, aprons tied loosely around the back, a nice orange jumper that rose up the neck. Plenty of nice knitwear, actually. We’d wear it all. Photograph by @jasonlloydevans #MargaretHowell #LFW #10Magazine

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De saison en saison, Anya Hindmarch renforce son esthétique et affirme sa crédibilité dans l’univers du prêt-à-porter. Pour l’hiver prochain, la créatrice a été chercher l’inspiration du côté du Nord de l’Europe. Cela a donné vie à toute une gamme d’outerwear – petits blousons, manteaux qui découvrent les épaules, capes et parkas – dans laquelle les pièces sont ornées de cols de fourrure ou brodées de cristaux et de motifs floraux d’inspiration scandinave en cuir. Dans un esprit très hygge, la tendance lifestyle du moment, Anya Hindmarch ressuscite les bodys en maille et recommande apparemment de porter ses pulls en jacquard colorés sur des culottes taille haute. Partout, ses broderies bijoux et ses détails en cuir en 3D dessinent une allure à mi-chemin entre Prada, Miu Miu Et Fendi. Ces étoles en fourrure tie and dye sont même tout à fait désirables. Comme chez Marc Jacobs à New-York, les bonnets en fourrure sont signés Stephen Jones et portés avec des lunettes aux branches en fourrure (oui, toujours !) issues de la collaboration de la marque avec la très branchée Cutler and Gross. Aux pieds ? Encore de ces claquettes et sabots fourrés vus à peu près partout ces derniers mois, de Simone Rocha à Rihanna chez Puma. Quant à cet amusant modèle de sandales avec un œuf au plat, l’une des signatures de la facétieuse créatrice, il n’a rien de déjà vu !

ANYA HINDMARCH: An icy landscape set the scene for @anyahindmarch's #AW17 collection. Think: the iceberg that sank the Titanic. And, like both the iceberg and Titanic itself, the show was of gargantuan size. This season our lady was on a journey – a literal and metaphoric one. Literally, in the sense she walked down the mountain that was the set, and metaphorically away to the Nordic regions. Not that she wasn’t prepared. Big furry hat – check. Snow goggles in case of blizzard – check. Bags (duh) in all shapes and sizes – check. No doubt they were filled with ice picks and grappling hooks and things you'd need if you were travelling the tundra. And she even managed to keep it sexy, just in case she bumped into any Vikings on the way. Tiny little shorts in cable knit or latex-like material (kinky) and furry Birkenstocks to keep the focus on her pins. No doubt wherever the wind may take her (hopefully into the arms of a hunk in front of a roaring fire) she’s going to be nice and warm. Photograph by @jasonlloydevans #AnyaHindmarch #LFW #10Magazine

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Parmi les imprimés à pois, fleuris ou à carreaux ultracolorés de sa marque éponyme – revisités à l’infini pour l’hiver prochain -, Duro Olowu propose d’intéressants tailleurs rayés ainsi que des incursions de motifs prince de Galles sur un ensemble ou une cape taillés pour la vie de tous les jours.

Tout comme Bora Aksu l’avant-veille, Thea Bregazzi et Justin Thornton s’inspiraient du mouvement des Suffragettes pour la dernière collection de leur marque Preen. Né au Royaume-Uni, ce mouvement du début du XXème siècle où les femmes sont descendues dans la rue pour revendiquer leurs droits a d’ailleurs fait l’objet d’un film sorti en 2015, porté à l’écran par Carey Mulligan, Meryl Streep ou encore Helena Bonham Carter. Les récentes manifestations féministes liées à l’élection de Donald Trump font quelque peu écho aux Suffragettes comme à tout mouvement qui se veut féministe, d’où ce défilé qui revisite selon les codes Preen les blouses et robes volantées, vestes et chemisiers à jabots que portaient ces militantes d’avant-garde. Sur le podium, cela donne lieu à des tops d’inspiration victorienne à l’esprit corset, des manches gigot bien sûr, mais aussi de superbes imprimés fleurs signatures sur une chemise idéale, un ensemble en soie blanc ou des robes noires corsetées par exemple. L’uniforme des Suffragettes est revisité asymétriquement dans des matières légères et ultra colorées : rouge coquelicot, violet, vert… qui se portent en total look. Les touches de couleur des cols en shearling apportent de la nouveauté sur des tailleurs à carreaux. Un incroyable manteau oversized vert est porté sur une robe à fleurs dont l’imprimé se retrouve quelques looks plus tard prisonnier de ces audacieuses robes en tulle (rouge vif, blanc, rose ou orange clair), qui s’affirment peu à peu comme l’une des tendances pour le moins inattendues de la semaine. Comme dans un jardin anglais, les imprimés fleuris s’entremêlent sur des looks saturés de motifs végétaux à l’ADN Preen : top oversized, jupe délicate, bottines plates à boucles et chaussettes brodées de fleurs en tissu. Follement expérimentales, les pièces les plus spectaculaires sont ces doudounes fleuries ceinturées façon kimonos, sous influence Comme des Garçons. En résumé, voici l’une des collections les plus fortes de cette Fashion Week !

Thanks @10magazine great back stage shot #AW17 #lfw

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De retour à Londres, le défilé de Roland Mouret s’ouvrait sur une étonnante robe asymétrique façon cape ceinturée d’une corde et portée avec l’un de ces chokers présents tout au long de la collection. Annonçant ainsi une tendance à la déconstruction qui s’exprimait ensuite dans des pièces que Roland Mouret voulait certainement plus fluides qu’à son habitude, d’où ces revers qui se détachent des modèles comme sur les pièces d’outerwear. La palette ? Beaucoup de gris, mais aussi du violet, du jaune orangé et du bleu canard, ainsi que du lilas, vu à plusieurs reprises cette semaine. Que retenir de ce défilé célébrant les vingt ans de la marque ? De magnifiques vestes aux épaules arrondies et à la taille marquée, des imprimés brouillés qui ajoutent une touche de fantaisie sans en faire trop, une touche de velours bienvenue – voire presque indispensable l’hiver prochain – comme sur une superbe robe noire drapée, mais aussi des motifs floraux brodés et dans l’esprit décidément plus libre et désinvolte de cette collection, des manches qui donnent du mouvement, travaillées de façon plus fluide que le reste du corps, toujours subtilement mis en valeur par Roland Mouret.

Chez Toga, les broderies bijoux sous forme de pins étaient partout : sur les vestes, les chemises, la maille, les t-shirts tie & dye, et même sur les gants en cuir ou sur la fourrure. La fourrure, d’ailleurs, etait très présente dans la collection, contrastant avec les carreaux, le denim, ou la peau lainée, ainsi que le PVC coloré qui claque littéralement une fois mixé à des matières plus classiques. Ici, les pantalons fluides sont portés sous des tops ou des robes asymétriques. Dans un style plus festif, les sequins et le satin apportent une touche habillée à ces looks. Yasuko Furuta signe ainsi une collection non seulement très intéressante, mais aussi percutante, chaussée sur ces incroyables cuissardes en cuir et ces impressionnants escarpins-bas colorés.

Expérimentale mais pas insensée, la dernière collection A.W.A.K.E. proposait un large choix de silhouettes oversized parmi lesquelles de très beaux tailleurs-pantalons à col kimonos fermés par des galets, des imprimés pieuvres qui évoluent sur une chemise, sur un top kimono ou sur la doublure des manteaux, des jupes fendues à bords francs, des vestes à volants portées sur des pantalons droits… Les plus beaux looks ? Un blouson blanc lumineux porté sur la jupe plissée assortie avec l’une de ces chemises imprimées ; un blouson gris clair porté lui-aussi sur une chemise à grand col et une jupe marron ; un manteau turquoise porté sur une chemise vert d’eau et un pantalon XXL en velours côtelé couleur d’ambre ; une robe blanc cassé aux manches arrondies ainsi qu’une autre robe, plus fluide, rouge et volantée. Une leçon de style, qui nous montre aussi que tout se marie parfaitement avec des baskets blanches. Même usées.

Si l’on en croit le défilé Topshop Unique, l’art de la superposition devra absolument être maîtrisé l’hiver prochain. Parka fluide sur top rayé sur robe-chemise à carreaux sur culotte de maillot ? Veste en cuir et peau lainée sur robe à fleurs sur pantalon cargo ? Voilà les énigmes que la marque britannique tente de résoudre avec cette collection qui mixe les genres et les influences : sport, avec ces tops à cols montants zippés et ces rayures colorées ; urbain, lorsque défilent de très intéressantes vestes en cuir et peau lainée ; résolument british, comme ces imprimés floraux ; et enfin nineties, la décennie du moment, celle de tous les possibles, où le satin fluide se retrouve notamment mélangé à du denim. La partie la plus intéressante de cette collection réside d’ailleurs dans la fluidité des déshabillés en satin, des slipdresses transparentes ou des robes à fleurs coupées en biais. Mais le look phare de la saison reste incontestablement ce sweat blanc oversized porté sur une robe or. Tout en contrastes et en paradoxes, donc forcément très 2017.

im obsessed with @topshop …. but who isn't. Thank yooooouuuuuuuuuuuu Top shop!!!!!!!! ✌🏾#topshopunique

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Natasha Zinko, elle, optait pour des tailleurs en tweed revisités – les plus belles pièces de sa collection hiver – au beau milieu d’imprimés pois très colorés déclinés partout jusque sur de la fourrure très pop. Une jupe en denim est portée sur une robe à pois. Toujours très connotée années 90, la coupe cropped résiste au temps qui passe et s’invite sur des vestes ou des micro-blousons matelassés à col de fourrure. Là-encore, les tops zippés clashent avec tout le reste, tout comme ces drôles de mini sacs cubiques en fourrure. Notons enfin l’omniprésence du mauve, comme sur un très honorable tailleur en tweed ceinturé de vinyle. Le vinyle, qui d’ailleurs semble avoir fait plus d’un adepte cette saison…

Backstage… at NZ AW17… #lfw #natashazinko #bfc #aw17 📷 @fashionistable 😘

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Sur des tapis imprimés, dans un décor composé de mobilier signé Martino Gamper, Max Lamb, Bethan Wood et Francis Upritchard, les mannequins de chez Peter Pilotto présentaient les dernières créations du duo Peter Pilotto et Christopher De Vos. Au menu l’hiver prochain, de très belles parkas et vestes en tweed et nylon, dont certaines sont réchauffées par des cols oversized en agneau de Mongolie, dans une palette mixant le kaki, l’orange et le bleu marine. Glissées entre de la maille multicolore, des pantalons zippés et des robes à motifs métallisés, les plus belles pièces de la collection sont ces imprimés foulards ainsi que de très intéressantes pièces en maille, arty et oversized, brodée de motifs sous influence inca.

Perfect cozy knits courtesy of @peterpilotto #lfw #lambertandassociates #retailexperts #peterpilotto #knitwear

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Le velours tient un grand rôle ici également, travaillé dans des nuances de rose ou imprimé de motifs floraux sur des robes asymétriques. Les pièces frangées à motifs tapisserie sont certes moins raffinées, mais les boucles d’oreilles dépareillées et les superbes bottes brodées de motifs ethniques iront bien au-delà d’une seule saison.

Puffing Peter Pilottos pretty prints @peterpilotto #saythatthreetimesfast #lfw #p #peterpilotto #daytwo

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Chez Mulberry, Johnny Coca présentait une collection en phase avec son époque et avec le marché actuel : tendances, produits phares, pièces favorites des fashionistas… Pourtant, quelque chose manquait à ce défilé. Tout commençait pourtant bien avec des carreaux, subtilement mélangés grâce à des jeux de tailles et de couleurs. Travaillés dans des proportions XXL (Lotta Volkova, amie et collaboratrice de Demna Gvasalia était en charge du stylisme), ils se déclinent également dans des modèles brodés de dentelle. L’inspiration équestre évoquée par Johnny Coca pour l’hiver prochain s’exprime sur des capes à boutons dorés en lainage à carreaux ou matelassées, unies ou (trop ?) richement fleuries portées sur des pantalons fluides. Les blouses rayées ou à carreaux fermées par des noeuds apportent une certaine sophistication à l’ensemble. Sur les robes à volants oversized et les pièces fluides en soie, le vert mousse, le bordeaux, le mauve, le violet ou l’orange safran confèrent une allure seventies que l’on retrouve aussi sur cette jupe-culotte en velours côtelé portée avec un gros pull marron, déclinée en rose et portée, quant à elle, sous un pull gris clair. Or, ces couleurs s’entremêlent sur des looks aux frontières du mauvais goût, franchement dépassées par le crochet bicolore, le brocart fleuri et les imprimés façon papier peint. Mais le pire reste évidemment ces collants en mohair, que l’on imagine difficilement dans la rue, même à Londres.

Cependant, si le prêt-à-porter divise, entre pièces réussies et prises de risques moins probantes, c’est du côté des accessoires qu’il faut s’attarder, notamment sur ces sacs et bijoux à motifs surréalistes d’yeux ou de visages. De superbes sacs confectionnés dans d’intéressantes combinaisons de matières et qui, on l’imagine, seront vendus à des prix plus accessibles que ceux des grandes maisons de luxe, donnent un supplément d’âme à la collection. Plus généralement, nous pouvons dire que les accessoires sont très réussis : dans la lignée de Gucci, la maroquinerie, les bijoux, les lunettes de soleil et les souliers – les mocassins à épingle à nourrice ! – diffèrent sur chacun de ces looks, personnalisés au gré des envies de Johnny Coca et de son équipe. Les ensembles plissés fleuris et métallisés renforcent d’ailleurs la ressemblance avec certaines créations d’Alessandro Michele pour la griffe italienne. Et se révèlent plutôt enthousiasmants.

NEW HERITAGE / Autumn Winter '17 #LFW #MulberryEngland #JohnnyCoca

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Des blazers portés sur des jeans ? Rien de bien nouveau… Pourtant, ceux-là sont signés MM6 Maison Margiela, la ligne bis de la vénérable Maison. Donc forcément bien coupés, et évidemment intemporels. Si intemporels que promis, ce ne sera pas la peine de les ceinturer d’un chargeur d’iPhone comme lors de la présentation ! Le blazer était justement la pièce centrale de cette collection : gris ou noir à revers, vert sans, à double-boutonnage en velours, dans des tons de rose en chevrons… Les costumes, revisités sous la forme de manteaux trompe-l’oeil en versions écrues ou à rayures banquier, sont également de la partie, et s’affirment comme les pièces les plus sophistiquées de la collection aux côtés de pièces plus urbaines comme un manteau en denim, par exemple. Ailleurs, les chemises à détails métalliques, les ceintures en cuir à grosse boucle argent, les carreaux et le cuir vintage donnaient une allure très far west aux modèles. Les robes en plumetis se portent sous et sur des t-shirts. Comme toujours chez Margiela, l’inattendu se cache dans les détails : les talons des cuissardes stretch sont en fait des gobelets en plastique retournés, la célèbre doudoune façon couverture en duvet est recouverte de plastique transparent, et un collier de perles se porte au-dessus d’un manteau bordeaux ou autos d’une robe. Bien sûr, même MM6 fait la part belle au velours, décliné sur deux ensembles, exquises variations autour d’un modèle de jupe droite fendue.

Pour l’hiver, David Koma monte en grade et propose une collection sous influence militaire, où les balles deviennent des bijoux, portées en broches au-dessus du coeur, comme des barrettes militaires. Des broderies métalliques sont disposées sur les robes : fluides, près du corps, transparentes, ajourées… Il y en a pour tous les goûts. La dentelle est ultra modernisée, travaillée comme des motifs camouflage.

Même le cuir et le nylon matelassés sont féminins, sérieusement connotés luxe grâce à des cols oversized en plumes. Les manteaux sont sublimes; les pantalons aussi. Si la robe bandage se décline principalement en noir et kaki – esprit uniforme oblige -, elle est aussi ponctuée de touches de bleu roi, de blanc ou de safran. Les mannequins défilaient au pas de bottes et bottines lacées à bouts pointus en métal, forcément signées Louboutin. L’hiver prochain, la femme David Koma sera donc une militaire plus femme fatale que jamais.

Chez Temperley London, le défilé s’ouvrait sur des robes et des blouses brodées de motifs imagés : coeurs, étoiles, bouches, etc. visant une clientèle plus jeune et certainement moins attirée par le reste des pièces plutôt littérales de la collection. Car très vite, ils laissaient place à des tops à cols victoriens, pulls à plastrons et autres blouses dont les manches sont comme gonflées et donc les cols sont ornés de motifs floraux. La couleur de la saison ? Le bleu ciel, omniprésent sur des pièces matelassées ou sur un jumpsuit à sequins. Les sequins, d’ailleurs, sont portés avec de la maille pastel ou des chemises blanches pour le jour. Le soir, ils sont évidemment brodés sur les robes, donnant de la luminosité à des plissés. Pourra-t-on même se passer de velours et de sequins l’hiver prochain ? Pas sûr. Des rubans de velours noir sont sobrement noués autour du cou des mannequins, mais la matière se décline aussi sur une audacieuse combinaison rose. Plus traditionnelles, les longues robes imprimées de fleurs ou en jacquard métallisé raviront sans aucun doute les clientes fidèles d’Alice Temperley.

Pre-order the Winter 2017 #PaintedDreams collection straight from the runway, link in bio. #temperleylondon #LFW

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Mary Katrantzou, enfin, s’est inspirée du film d’animation Fantasia pour broder les pièces de sa collection sous influence années 40, portées sur d’imposantes et très oniriques plateformes à talons sculptés ou sur d’improbables mules pointues en velours ou recouvertes de paillettes. Les premiers looks étaient relativement sobres : il s’agissait en effet de tailleurs-jupes à carreaux, pied-poule ou vichy mixés à des fleurs sur des coupes remarquablement architecturées, à la taille marquée et aux épaules larges. Sur les vestes, la créatrice grecque invite de la fourrure qui se révèle plus extrême sur un manteau rose à boutons 3D ou sur son équivalent court, jaune poussin. Les broderies miroir en forme de cygnes, les motifs floraux brodés sur les manteaux à carreaux de toutes les couleurs à cols de fourrure et les jacquards façon tapisserie complètent ce vestiaire d’automne féérique. Plus casual que le reste de la collection, des mini robes zippées tout aussi exceptionnelles mélangent les imprimés à du velours. Des pièces plus sobres, demandez-vous ? Mis à part les tailleurs, Mary Katrantzou nous offre aussi ce beau manteau imprimé de fleurs en clair-obscur ou un indispensable pull en maille sombre à col roulé. Originaux mais néanmoins portables, les patchworks graphiques de velours proposent une allure nouvelle, comme sur des robes et des jupes noires tout en transparence – portées avec des blousons de cuir et des plastrons bijoutés -, ou encore sur ces costumes-pantalons dont les motifs s’inspirent tout droit des personnages du célèbre film des studios Walt Disney.

Le bouquet final de ce superbe feu d’artifice stylistique ? D’incroyables robes entièrement recouvertes de sequins multicolores, de plumes, ainsi que de franges de perles qui vont merveilleusement bien aux motifs aquatiques ou floraux de ces pièces d’exception. Dégradées, imprimées, rebrodées, elles créent une allure longiligne et resplendissante. Cependant, cette beauté ne nous surprend guère car depuis sa première collection, Mary Katrantzou a prouvé à de nombreuses reprises qu’en créant de fantastiques vêtements à partir de ses rêves, elle sait aussi mieux que quiconque devenir l’objet des nôtres.

Photo de couverture : (Défilé Preen by Thornton Bregazzi) Courtesy of The Impression

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