London Fashion Week #2 Expérimentations, Révélations et Consécrations : L’Avant-Garde Londonienne Affirme Ses Signatures

En cette deuxième journée de fashion week, deux créateurs irlandais – Jonathan Anderson et Simone Rocha – présentaient leurs collections automne-hiver. D’un côté, des pièces relativement sobres ; de l’autre, une créativité exacerbée. Leur point commun ? Une véritable maturité qui se ressentait dans l’affirmation de leurs si jeunes signatures.

De même, Molly Goddard et Ryan Lo renforçaient leurs codes pendant que Matty Bovan, Faustine Steinmetz et Michael Halpern construisaient les leurs avec force. Leurs propositions étaient en tout cas la promesse d’une saison uber feminine, pour reprendre le nom de la collection de J.W. Anderson.

LA JOURNEE commençait avec Chalayan, dont les modèles en feutre aux épaules arrondies – vestes, robes ou tops déclinés dans une palette de marrons et de gris – étaient portés sur des jupes amples ou des pantalons larges taillés dans cette même matière. Plus tard, nous retrouvions également ces épaules cocon sur des ensembles graphiques. Le reste du défilé offrait une large place au tailoring, comme sur des ensembles déconstruits où le blazer se porte autour de la taille, fusionné avec un pantalon qui ceinture une chemise blanche sans col. À l’inverse, les robes en satin noir sont fluides. La collection offre aussi des looks plus expérimentaux, quoique plutôt sages par rapport à ce que nous a déjà présenté le créateur par le passé : des plumes, des échantillons de tissus et des rubans de bolduc ont l’air d’avoir été arrachés et collés en vitesse sur des pièces particulièrement arrondies. Les plumes volaient d’ailleurs encore à côté des mannequins. Moins conceptuel, un manteau marine structuré dont le col se prolonge jusqu’aux manches est à la fois intemporel et contemporain.

Pour l’hiver prochain, Sid Neigum n’est pas le seul à avoir choisi de travailler ce velours doré que de nombreux créateurs ont utilisé dans leurs collections. Ici, il est associé a des pièces plus sobres comme une chemise blanche oversized, si longue qu’elle se porterait aussi bien en robe. Les blouses et les robes découvrent les épaules, les jupes sont de différentes longueurs à l’avant et au dos, et les manches s’allongent, nouées autour du poignet. Le créateur canadien revisite également les plissés de sa collection printemps-été et propose des pièces ajourées qui se porteront été comme hiver, avec ou sans ces bottines plates en cuir stretch qui accessoirisent les looks. Tout comme la plupart des looks, une combinaison noire ceinturée donne envie de garder un œil sur ce jeune créateur.

Les party girls londoniennes pourront étoffer leur garde-robe de soirée grâce à la dernière collection de Paula Knorr : volants, velours et lamé près du corps s’imposent peu à peu comme les signatures d’une créatrice qui a notamment collaboré avec les chanteuses Björk et Solange Knowles.

Dans la lignée de Simone Rocha ou Molly Goddard (voir plus bas) Ryan Lo est l’un de ces créateurs qui n’ont pas peur de pousser le concept de féminité à l’extrême, à grands coups de volants, de paillettes et de sequins, de fleurs, d’organza et de tulle, dans une palette ultra girly et sucraillée où le rose est bien évidemment le nouveau noir. Ce matin-là, il présentait sa dernière collection, un concentré de style kawaii où les filles d’Harajuku devenaient soudain le centre d’attention de la planète mode. Ces personnages bien réels étaient brillamment réinterprétés par le créateur né à Hong-Kong. Coiffées d’extensions colorées créées par Sam McKnight, ces filles défilaient dans leurs robes de poupées à l’imprimé camouflage passé sous filtre rose et saupoudré de confettis étoilés, portées sous des blouses en organza volantées, des pulls oversized brodés de perles ou un blouson à capuche. Les baskets, les chaînes colorées et les t-shirts portés sous certaines robes donnaient un côté streetwear à la collection. L’apothéose ? Ces robes et pantalons imprimés Hello Kitty issus de la collaboration entre le créateur et le célèbre personnage de Sanrio. Excessivement girly ? Oui, mais en réalité, grâce à un excellent travail sur la coupe, ils étaient plutôt pertinents.

Quelques heures plus tard, l’incubateur de créateurs émergents Fashion East dévoilait les collections de ses talents : Matty Bovan, Mimi Wade, Asai et Supriya Lele. Voici venue l’heure des présentations…
Le premier d’entre eux, Matty Bovan, a déjà acquis une certaine notoriété dans l’industrie : diplômé de la Central Saint Martins, récompensé par un prix lors du LVMH Prize 2015, il a notamment créé l’un des motifs de la collection printemps-été 2016 de Marc Jacobs : un imprimé fait d’illustrations rebordées de pailletes et de cristaux qui a eu son quart d’heure de gloire une fois décliné sur les accessoires de la marque. L’an dernier, Katie Grand invitait le jeune créateur à dessiner tout au long des pages de son magazine LOVE, notamment sur la couverture bariolée de dessins où posait Lily-Rose Depp. C’est donc avec beaucoup d’impatience que les insiders attendaient ce défilé, le second de Bovan chez Fashion East. Et ils n’ont pas été déçus : à commencer par la maille, signature du créateur, qui se porte en total look multicolore, ornée de broderies, de sequins, de bijoux DIY et de patchs griffés Bovan Corporation. Le crochet est aussi travaillé sous forme de volutes aux mailles larges, au-dessus d’un top en velours. Difficilement portable, mais résolument expérimental. Les parkas et les pantalons en matières techniques sont cousus de fil ou de tissu coloré. Certaines pièces comme ce pantalon et ce sweat orange déchirés sont toutefois plus faciles à imaginer in real life. Le maquillage ainsi que certaines pièces que l’on croiraient venues d’une autre galaxie font écho à l’inspiration de la collection : le film Blade Runner. Matty Bovan nous ramènerait presque dans les années 80, lorsque John Galliano n’était encore qu’un brillant étudiant de la célèbre CSM et que la jeunesse créative londonienne commençait à révolutionner la mode. Bien plus commercial, un t-shirt blanc appliqué de ces fameux stickers Matty Bovan Corporation nous rappelait soudainement que ce défilé se tenait bel et bien en 2017, où l’une des conditions pour vivre de sa liberté créative est parfois cette capacité à savoir y renoncer.

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Moins expérimentale mais particulièrement kitsch, Mimi Wade s’est adonnée au velours côtelé qu’elle brode cette saison de loupes ou d’écussons à motif cupidon, de dentelle et de plumes rose pâle. Les slipdresses imprimées, le lurex et les nuages en coton moelleux complètent cette étrange garde-robe qui a au moins le mérite d’être pleine d’humour.

Sensiblement plus portable, la collection de Supriya Lele confirme cette tendance des créateurs à recouvrir de film plastique tout ce qui les amuse. Les pantacourts en vinyl et la fourrure rose contrastent avec la fluidité de ces pièces : un long manteau noir en latex qui ressemble presque à de la soie, une veste en velours portée sur une longue jupe asymétrique, un pantalon rose pâle, ou une robe rouge fermée par un zip bijou qui fait référence de manière subtile aux origines indiennes de la créatrice. Sublime.

@supriya_lele 🌷 by @lillieeiger for us at the Tate Modern, supported by Topshop #supriyalele #fashioneast

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Asai, enfin, mixait pièces kaki façon surplus et imprimés colorés. Parmi les pièces les plus intéressantes, une magnifique chemise blanche oversized plissée et de la maille colorée effilée qui donne un aspect artisanal et luxe à la collection. En référence aux origines chinoises du créateur, certaines des pièces sont même brodées de morceaux de vaisselle en porcelaine.

Chez Jasper Conran, la palette automnale apporte de la sophistication à des pièces particulièrement convaincantes : du kaki tout d’abord, avec ces imprimés camouflage tout en transparence ; mais aussi du bordeaux sur du cuir façon pony ou du rouge vif comme sur une robe-chemise oversized ou une robe-pull aux manches ultra longues. La silhouette la plus audacieuse en termes de couleurs est évidemment ce look : une veste bordeaux portée sur une chemise curry et une jupe fuchsia avec des mocassins verts. Des manteaux cocons blancs complètent également ce beau vestiaire d’hiver.

Faustine Steinmetz, créatrice française au talent prometteur, a choisi de présenter ses collections de denim ultra luxueuses à Londres. Cette saison, elle fait voyager sa matière signature aux quatre coins du monde, s’inspirant de pièces en denim dénichées en Israël, au Chili, ou aux États-Unis qu’elle revisite à sa manière. L’histoire est passionnante, et le résultat est brillant ! Une combinaison légère, une doudoune aux épaules arrondies, un long manteau en jean, une robe blanche surpiquée de fil de denim au niveau des coutures, un ensemble strassé… Cette saison encore, l’une des matières les plus portées au monde est sérieusement modernisée grâce à l’imagination et au savoir-faire couture de Faustine Steinmetz.

Denim fever at the #AW17 presentation of @faustinesteinmetz. #lfw #lvmhprize #faustinesteinmetz

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Dans son lookbook, Edeline Lee revisite le costume qui reste plutôt classique, malgré des détails bienvenus comme ces boutons bleu Klein ou ces jeux de volumes – péplums ou volants. Les t-shirts ornés de ces mêmes boutons ou de motifs circulaires colorés placés au niveau de la poitrine apportent une note d’humour à la collection.

Julien Macdonald présentait une collection plus que jamais faite pour la nuit. Sequins noirs ou argent, plumes, franges de perles, cristaux… Les matières brillantes – une signature du créateur – illuminaient ses célèbres robes asymétriques portées très près du corps ainsi que ses jumpsuits, bodys et longues robes fendues prêts pour d’interminables nuits dans les clubs londoniens.

이런 몸 될수 있을까? #패완몸 #julienmacdonald @julienmacdonald #LFW

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Chez Markus Lupfer, il est plus difficile de dégager un thème parmi les pièces présentées : une place importante est accordée aux imprimés floraux et animaliers – le créateur a fait de l’ours polaire la mascotte de sa collection hiver – mais ils clashent aux côtés de ces carreaux plus masculins et de ces bombers, revisités dans un style plus sport que l’on retrouve dans les sous-pulls et leggings pailletés, sacs en nylon et jupes midi ceinturées par une bande bicolore. Les broderies signatures de Markus Lupfer sont une nouvelle fois au rendez-vous sur des chaussettes à sequins (d’inspiration Prada ?) ou, plus convaincantes, sur un manteau immaculé dont les extrémités des manches sont brodées de fleurs. Des fleurs recouvrent également les épaules d’un manteau bordeaux, la pièce forte de cette collection.

Molly Goddard, dont je vous parlais en présentant la dernière collection de Ryan Lo, est donc l’un des jeunes talents incontournables de la nouvelle scène anglaise. Ses incroyables robes en tulle ont notamment séduit la très audacieuse Rihanna qui s’est offert un modèle vert acide de la saison dernière, suscitant l’incompréhension de ceux qui ne s’intéressent pas d’assez près à l’industrie. Cette saison encore, les robes qui ont fait et continuent de faire son succès sont toujours là, soit, mais Molly Goddard nous prouve aussi qu’elle a décidément bien plus à montrer : ses robes de princesse à volants, tout d’abord, sont proposées en blanc, rouge ou noir (un modèle transparent est porté sur un sweat imprimé de photos de fleurs) et portées sur de hautes chaussettes à sequins qui sortent des ballerines. Le modèle le plus partagé sur Instagram est sans aucun doute cette incroyable robe en tulle bleu qui, elle, était portée sans chaussettes.

En attendant de voir qui aura l’audace d’arborer cette extraordinaire création, concentrons-nous sur les plus commerciales de ses propositions. En effet, il est certain que dans les mois à venir, Molly Goddard s’ouvrira à de nouvelles clientes qui, moins audacieuses que Rihanna, chercheront un peu de fantaisie dans ces blouses à manches ballon, cette veste en cuir rouge ou ce manteau gris, ces pantalons en satin et ces pulls rayés.

Thank you @topshop for the amazing show space @tate ❤

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La collection de Ports 1961 confirme une sévère tendance à la déconstruction pour l’hiver prochain. En effet, les blazers sont fendus sur les côtés : l’un d’entre eux n’a plus qu’une manche alors que certains hauts en ont trois. Un imperméable style mackintosh est lui-aussi retravaillé, en version oversized ceinturée à la taille. Les pantalons ont comme une deuxième taille, la maille est texturée et surdimensionnée et les sequins se portent le jour. Les chemises aussi font l’objet de multiples réinterprétations. Les plus intéressantes d’entre elles ? Ces modèles blancs imprimés de verres et de vases dans un style à la fois décoratif et arty.

Backstage at our #aw17 show #lfw #ports1961womenswear #ports1961

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La créatrice Alice Archer décline cette saison des motifs floraux dans un cadre très japonisant où les néo-kimonos brodés de fleurs – évidemment – côtoient des robes à volants et des manteaux eux aussi bien printaniers pour des modèles d’hiver. Cette longue robe noire brodée de fleurs serait radieuse sur le tapis rouge des Oscars. Pour tous les jours, Alice Archer propose un kimono rouge vif porté sur un jean boyfriend brodé. Moderne et féminin.

Qu’est-il arrivé à J.W. Anderson ? À la fin de son défilé, le créateur avait troqué son intemporel uniforme – pull en cachemire bleu marine, jean et baskets – contre un bomber kaki porté sur un jean déchiré et des bottines à lacets. Sur le podium, pourtant, rien de nouveau. Ou plutôt si, mais dans la lignée de ce que le directeur artistique de Loewe propose depuis plusieurs saisons pour sa propre marque. Des manteaux en cuir, il ne garde que les cols et les revers qu’il superpose notamment à un top à col montant façon polaire et à une jupe en plumes d’autruche, l’un des thèmes forts de la collection. Un manteau de fourrure est porté sur un t-shirt brillant, un pantalon fluide et des baskets. Les jupes amples en en satin de soie, les drapés, et les paillettes argentées donnent une connotation eighties à ce défilé ponctué de détails lingerie comme ces soutiens-gorges colorés portés avec les fameuses jupes en satin. Une robe-gilet en maille est tout à fait portable, contrairement à ce modèle bustier gonflé et orné d’un zip purement futile. Le créateur continue ses expérimentations avec un magnifique ensemble gris en peau lainée porté par Mica Arganaraz ou un imper façon Mackintosh beige. D’inspiration utilitaire, les poches font aussi plusieurs apparitions. Mais les indispensables restent ces versions miniatures du célèbre sac Pierce, décliné en peau frangée ou en satin noir orné de rubans.

Chez palmer//harding aussi, la déconstruction était le mot d’ordre : leurs chemises signatures, notamment, font l’objet de multiples interprétations : déboutonnées, elles dévoilent une épaule et construisent une silhouette asymétrique. Parmi les plus réussis de ces looks, une veste en cuir portée sur une jupe assortie avec une chemise bleu ciel ou une robe-chemise noire retenue par une lanière en satin. Les manteaux-capes XXL en laine et la maille nouée à la taille proposent une allure à la fois sophistiquée et facile à vivre. Plus sombre que d’habitude, cette collection est tout de même éclairée par quelques touches de rose pâle et d’orange clair, comme la chemise en velours qui fermait le défilé.

🎀🎀🎀 More fantastic silhouettes @palmerharding #AW17 #LFW #palmerharding #centremk #shape #colour

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Chez Emilia Wickstead, les manches ballon et les imprimés tapisserie auraient très vite pu retirer toute sa modernité à la collection. Cependant, même la palette à dominante pastel – rose pâle, bleu myosotis – ponctuée de rares touches de couleurs vives : – vert gazon ou rouge coquelicot – est au service de coupes actuelles comme sur ce costume-pantalon bleu pastel. Le velours est là-encore omniprésent : sur une superbe robe noir asymétrique mais aussi sur ces sandales plates qui dans leurs couleurs précieuses accessoirisent la plupart des looks. Nous le retrouvons aussi sur une jupe taille haute ou une blouse bicolore portée avec l’un de ces jeans taille haute en toile denim indigo. Les sequins, enfin, apportent de la modernité grâce à leur présence sur une jupe fendue portée avec l’un de ces cols roulés écrus présents tout au long de la collection, ou sur une robe entièrement recouverte de sequins argent qui sera forcément parfaite à la nuit tombée.

Des sequins, il y en avait chez Halpern où le créateur s’inspirait cette saison de la party-girl des années 70 : sur les mini-robes ou sur les pantalons larges de l’hiver prochain, ils sont travaillés sous forme de patchworks et de dégradés tandis que sur des combinaisons-pantalons asymétriques qui allongent la silhouette, ils sont mélangés à du satin turquoise ou des sequins rose vif. Le satin et la fourrure sont les seules matières qui contrastent avec cette overdose de sequins qui dessinent des motifs ondulés ou étoilés sur les modèles. Sur la majorité des looks, une jambe est recouverte de sequins d’une autre couleur ou d’un motif différent du reste, comme sur cette autre combi cuivrée. Ailleurs, ils couvrent complètement le corps comme sur cet ensemble irisé comme un scarabée à col montant, taille haute et manches longues porté sur des sandales métallisées. Une idée brillante.

En quelques années seulement, Simone Rocha a fait de ses défilés l’un des moments incontournables de la fashion week londonienne. Dès ses débuts, ses collections extrêmement féminines ont séduit les acheteurs, la presse et les clientes qui raffolent de ses robes à volants, de ses ensembles délicats en dentelle ou en organza, de ses chaussures en perspex et de ses pièces en fausse fourrure. Pour l’hiver prochain, cette jeune trentenaire a injecté une note de masculin-féminin dans la collection, sans oublier pour autant les broderies et imprimés floraux qui sont devenus sa signature. Ainsi, dans une palette de noir, marron et kaki, le défilé s’ouvrait sur des ensembles militaires en velours ou en satin à la carrure imposante, ceinturés et ornés de poches oversized. Grâce à Simone Rocha, le nylon redevient désirable sur une robe ou une parka à capuche. Malgré les lanières de cuir, la féminité reprenait le dessus lorsque défilaient les robes et manteaux brodés de fleurs jaunes, la dentelle noire ajourée de marguerites et les fleurs en crochet que les britanniques décriraient très certainement comme quirky. Quant à ces fleurettes rouges et roses, soyez certains qu’elles raviront les fans de la marque. Les manteaux-peignoirs en fausse fourrure vus chez d’autres créateurs étaient aussi de la partie, avec leurs longues ceintures contrastées.

Vers la fin du show, Simone Rocha dévoilait aussi des ensembles à carreaux, la véritable tendance de la saison, qu’elle s’est amusée à rebroder de matière pelucheuse et de fausse fourrure. Audacieuses, mais pas dépourvues de sens – comme ce que nous avons pu voir à plusieurs reprises en ce début de semaine de la mode londonienne -, les créations de Simone Rocha sont pensées pour être portées par de « vraies » femmes qui s’habillent avant tout pour elles. Les plus frileuses pourront toujours commencer par ces chemises unies, rayées ou à carreaux vichy, dont les cols sont délicatement brodés de perles. Les assidues se jetteront quand à elles sur les les mules en fourrure, les chaussettes perlées et les boucles d’oreilles asymétriques. Et n’allez pas croire que les clientes de la marque ne sont que des moins de 30 ans qui travaillent dans la mode ! Car rien qu’en voyant les mannequins Audrey Marnay, Jan de Villeneuve, Cécilia Chancellor ou encore Benedetta Barzini qui défilaient toutes pour la marque auprès des jeunes tops du moment telles que Mica Arganaraz, Adwoa Aboah, Yasmin Wijnaldum, Céline Delaugère ou Odette Pavlova, il n’est pas difficile d’imaginer ces pièces dans la réalité.

Pour sa marque House of Holland, Henry Holland s’inspirait – pour le meilleur comme pour le pire – des États-Unis. Le pire, tout d’abord, était certainement cette « collaboration » avec Woody Woopecker, suivie par des chapeaux de cowboy improbables. Quant à ses sweats imprimés Bitches ou Daddy, ils seront, tout comme les imprimés carreaux, fortement dépendants de ce que leurs propriétaires jugeront bon d’y associer… Le meilleur ? Une robe-chemise rayée, portée avec un bomber kaki qui hors contexte n’aurait plus rien à voir avec le thème de la collection. Mais plus généralement, les mélanges d’imprimés Stars and Stripes – auxquels s’ajoutent parfois des cercles colorés – sont portables à tout moment de l’année. Les sequins brodés sur les motifs étoiles ou sur une jupe graphique et les larges cols à volants métallisés feront aussi briller le quotidien. La palette pastel qui s’étend du rose au mauve est également bien maîtrisée par Henry Holland comme sur une doudoune en velours portée sur une slipdress graphique. L’autre doudoune en velours à pois noire portée sur une minirobes à franges métalliques est tout aussi convaincante. Et bien sûr, le denim, les étoiles frangées et les santiags se chargent, non sans humour, de nous rappeler où Henry Holland a été puiser son inspiration.

Chez Gareth Pugh, le noir est comme une évidence. C’est pourquoi il n’y a rien d’étonnant à ce que sa dernière collection soit presque exclusivement consacrée à cette non-couleur. Les vestes et manteaux à double-boutonnage à la taille marquée et aux épaules larges sont portés sur de larges pantalons noirs ou gris dont certains ont des bretelles. Certains looks, d’autant plus lorsqu’ils sont accessoirises de casquettes, rappellent le film Portier de Nuit avec Charlotte Rampling. Sur un mood définitivement plus expérimental, Gareth Pugh présente des pièces oversized faites de cuir, d’une épaisse fourrure de yéti ou encore plastique, ce dernier étant travaillé comme une sorte de sac poubelle couture, comme sur des doudounes aux volumes démesurément gonflés. Moins couvrante, une incroyable robe transparente sur lesquels sont collés des sequins – noirs, bien sûr – remporte tous les suffrages.

@garethpugh Fall 2017 #garethpugh #fall2017

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Alors que le départ de Riccardo Tisci de chez Givenchy n’a fait qu’alimenter les rumeurs sur le sort de Versace, Donatella présentait sa collection automne-hiver pour Versus Versace, qui plus jeune et plus accessible que la ligne principale, s’inscrit décidément très bien dans ce calendrier londonien. Certainement du fait de cette inspiration sport qui donne vie à des pièces à l’esprit clubbing dont la plus évidente – et convaincante – démonstration est assurément cette minirobe noire drapée à col rond, manches longues, et aux reflets roses et violets taillée pour le dancefloor. Après les cropped tops, leggings et robes en néoprène ornés de zips, Donatella Versace propose un ensemble de vestes en peau lainée portées sur du cuir. Les jupes sont fendues, mini, ou les deux, et portées avec des sweats. Le denim brut claque en total look et la maille est coupée près du corps : relativement sobre, elle est noire et ponctuée de détails rose néon. La collection fait la part belle au noir, forcément, mais pas seulement : bordeaux, bleu pétrole et rose vif complètent ce vestiaire de party girl aussi à l’aise le jour que la nuit. La cotte de maille ? O.K. La fausse fourrure bleue ou rose ? Too much. Que ce soit à Londres, à Paris ou à Milan, on ne changera jamais Donatella.

Burgundy is explored on outerwear and accessories on the #VersusFW17 catwalk

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Leather take over – @bellahadid at the Versus Fall Winter 2017 runway show. #VersusFW17

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Photo de couverture : (Défilé Molly Goddard) Courtesy of The New York Times

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