New York Fashion Week #5 Intemporalité et Contemporanéité Dans Une Capitale de la Mode en Plein Bouleversement

Cette cinquième journée de fashion week nous a offert de tout, et surtout de son contraire : du meilleur (The Row) au plus mauvais goût (Philipp Plein), des adieux réussis (Proenza Schouler quitte New-York pour Paris) aux premiers pas moins bien maîtrisés (le duo Monse chez Oscar de la Renta), et enfin d’une certaine rigueur (Edun) à une créativité exacerbée (Rosie Assoulin). Moins engagée que les jours précédents, New-York n’en reste pas moins excitante.

SUBLIME. Auriez-vous un terme plus significatif pour décrire la nouvelle collection The Row ? Dans un décor brut, Ashley et Mary-Kate Olsen faisaient défiler de longs manteaux monochromes dont la chaîne intérieure garantit un tombé net. Fourrure, cuir, satin, cachemire… Ces pièces intemporelles se déclinent dans une palette de bleu marine, beige, marron, noir ou écru, dessinant le vestiaire parfait d’une femme pour qui la matière et la coupe priment sur les ornements divers. L’hiver prochain, elle tombera forcément amoureuse de ces cardigans en maille ceinturés, de ces ensembles de jour masculins et légèrement oversized tout simplement parfaits, ou encore de ces chemises blanches intemporelles. Plus que de la mode, les sœurs Olsen ont inventé un style, au-dessus des tendances et de l’idée même de saisonnalité. À la manière d’Hermès à Paris et de Loro Piana, peut-être en Italie, The Row est une maison à part. Moderne et intemporelle, comme suspendue dans le temps. Cette saison toutefois, un manteau et un jean en denim gris portés sur des Dr. Martens version luxe apportent une note punk à la collection. Un pas de côté effectué de si bon goût qu’il devrait ravir une nouvelle génération de clientes tout en continuant de combler celle qui fait aujourd’hui battre le cœur de la marque.

Fall 2017 Collection

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À Hollywood, les créations de la styliste Mary Alice Haney pour sa marque éponyme ont conquis, en quelques saisons seulement, le cœur des femmes les plus glamour de la côte Ouest. Sublimant la silhouette grâce à un travail appliqué sur la coupe, ses créations sont tout à fait le style de pièces que vous porteriez au bord d’une piscine sous le soleil de Los Angeles. Cela tombe bien, c’est le cadre du lookbook dans lequel évoluent des robes aux découpes des plus flatteuses faites pour une région où l’hiver n’existe pas (ou presque). Les jumpsuits en velours sont pleins d’audace tout comme ce thème qui se décline autour d’un piercing de nez XXL placé sur la poitrine ou au-dessus du nombril. L’accessoire métallique retient les drapés de ces robes fittées près du corps taillées dans des couleurs franches : blanc, noir, aubergine ou orange. La fourrure présentée avec certaines des pièces était-elle nécessaire ? Pas forcément, et ce lamé à imprimé floral non plus, d’ailleurs. À l’inverse, sur le tapis rouge, cette robe en velours bleu fera forcément des ravages.

Development board #Fall #thisisHANEY

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Chez Carolina Herrera, les premiers modèles semblaient directement puiser l’inspiration dans la garde-robe de la créatrice, toujours impeccablement vêtue de sa chemise blanche signature et d’une jupe noire plissée longueur midi. Un uniforme de bon goût, qui s’il n’est pas particulièrement moderne a au moins le mérite de faire un sans-faute, ce qui explique pourquoi il continue d’être privilégié par des clientes d’un certain âge. Malgré la présence de Bella Hadid, nouvelle égérie des millennials, c’est un vestiaire pour femmes matures que propose Carolina Herrera, à travers ces lainages à carreaux comme ces manteaux fermés par un nœud de velours, un détail de saison que l’on retrouve tout au long de la collection. Après les pièces en maille colorée plus adaptées aux jeunes filles d’aujourd’hui, et quelques robes imprimées de pois graphiques ou ornées de plissés, le tout porté sur des bottines plates en cuir noir, Carolina Herrera vient saluer son audience dans son traditionnel uniforme, jupe noire et chemise blanche. La boucle est bouclée.

Finishing touches. #HerreraLive #NYFW

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La marque de luxe éthique Edun, fondée par Ali Hewson et son mari, le chanteur Bono, a présenté une collection graphique, où le savoir-faire africain sublime des pièces aux coupes relativement classiques, manteaux longs et pantalons en tête. Fort de ses partenariats avec des artisans locaux, le studio donne notamment vie à des blousons multimatières qui apportent un côté arty à la collection. Quelques notes de couleur – orange, turquoise ou jaune – ponctuent les looks essentiellement noirs et blancs et parfois imprimés de motifs zébrés. Mais c’est en regardant sous l’étiquette que l’on réalise la véritable valeur de ces vêtements : par exemple, un manteau est fabriqué par des tisseurs kenyans, tandis que le cuir est peint à la main par des artisans sud-africains. Plus que jamais d’actualité, Edun n’aura pas attendu longtemps pour rendre désirable sa mode responsable, qui fait figure d’exemple dans l’industrie depuis 2005.

L’Australien Christopher Esber propose un vestiaire tout en contradiction où la rigidité d’un cuir suédé verni s’oppose à la fluidité d’un trench ou de robes aux découpes asymétriques. Les boutons marbrés déjà présents dans une précédente collection donnent un côté vintage à des jupes bien coupées portées sous des pulls en angora. Dans un intéressant jeu de matières, le velours côtelé clôt la présentation d’un créateur réaliste, dont la mission n’est autre que de sublimer le quotidien.

Cela fait plusieurs saisons que Nicky Zimmermann, compatriote australienne de Christopher Esber, défile à New-York. Pour l’hiver, sa maille à chevrons et ses rayures graphiques se portent sur des cuissardes en cuir avant de laisser place à des pièces d’intérieur (pyjamas ou manteaux de style peignoirs) imprimées de rayures, de pois ou de carreaux et revisitées pour la ville. Les sequins argent qui dépassent d’intéressantes pièces en cuir blanc sont-ils sous influence Vetements ? Certainement. Toujours au cœur de l’action, les célèbres robes à volants de la créatrice se portent sous des peaux lainées oversized dont la modernité contraste avec les dentelles et les jacquards à l’aspect légèrement suranné.

All hail the queen of ruffles @zimmermann 💕

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Je me souviens de la première fois où j’ai découvert les incroyables créations de Rosie Assoulin. À l’époque, disponibles sur le site de trunkshows ModaOperandi, elles ne ressemblaient a aucune autre. Ce serait toujours le cas si d’autres designers ne s’étaient pas inspirés de ses volumes spectaculaires et de ses mélanges audacieux de couleurs. Les souliers d’un siècle dernier aux bouts outrageusement pointus rappellent l’esprit décoratif de la collection, qui explique ces matières moirées, brocarts et motifs floraux d’une surprenante modernité. Comme des herbiers, les robes cachent des fleurs parmi les couches de tissu. Les vestes à péplums écrues, comme l’ensemble des pièces à volants d’ailleurs, sont dans le plus pur esprit de la créatrice. Les moments forts de cette collection ? Pour le jour, un tailleur fluide à carreaux dont les jambes se terminent par des volants, un long manteau noir moiré, un petit pull en maille rebordé de fil métallisé… Et pour le soir, une spectaculaire robe de princesse portée sur un pantalon jaune assorti ainsi qu’une robe bleu marine à volants surdimensionnés feront le plaisir des rédactrices une fois portées sur tapis rouge.

When the moon hits your eye like a big pizza pie that a moire'! Our "that's a Moire "shoes !

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La collection de Maryam Nassir Zadeh doit-elle être regardée sur les portants pour être appréciée à sa juste valeur ? Si les looks dans leur globalité laissent une sensation de confusion, les pièces une fois désaccessoirisées feront certainement l’unanimité : un pantalon en velours violet, une veste en cuir orange et de la soie rose ou jaune pâle ne resteront pas longtemps sur les rangées de cintres de sa boutique multimarques new-yorkaise.

The Elder Statesman propose certainement les cachemires les plus enthousiasmants actuellement en vente sur le marché. S’inspirant des patchworks et des couvertures de style Navajo, la marque n’oublie pas de rendre hommage à la nation américaine avec un pull « America Our Mother ». Difficile de faire plus patriote.

Proenza Schouler est assurément l’un des rendez-vous immanquables de la semaine de la mode. C’est pourquoi l’annonce il y a quelques semaines que la marque défilerait à présent à Paris pendant la fashion week Haute Couture a suscité tant d’émoi parmi les professionnels de l’industrie. En effet, afin d’améliorer les sell-through, et par conséquent de laisser plus de chances aux modèles d’être vendus en cours de saison – ce qui passe par une présence plus longue en points de vente avant qu’ils ne soient soldés,  – la marque à pris la décision de rationaliser son offre en regroupant ses pré-collections avec ses collections principales. D’un point de vue marketing, l’animation des produits et l’arrivée progressive des différents thèmes permettront de créer de la nouveauté, plutôt que de systématiquement augmenter le nombre de collections. Ainsi, Proenza Schouler présentera son défilé printemps-été 2018 en juillet prochain, à Paris, tout comme la marque Vetements qui le fait déjà depuis deux saisons. En attendant, Jack McCollough Et Lazaro Hernandez ont continué d’explorer la nouvelle silhouette Proenza Schouler, faite de découpes asymétriques, superpositions et mix de matières colorés. Les robes du duo ressemblent à leurs modèles des saisons passées mais sur certaines, les ourlets sont brodés de volants en tulle de couleur vive tandis que d’autres mélangent la soie, le velours et le cuir métallisé. Nous retrouvons le logo de la marque, à moitié imprimé sur les lanières des vestes et sur les sacs. Le cuir a toute sa place ici, verni ou glacé sur des néo-robes portefeuilles et des trench-coats ou enroulé autour des pieds sur des sandales. La laine gris foncé donne un côté très corporate dressing à cette collection, ou les vestes et les pantalons droits sont zippés. Les zips et les cols oversized en shearling font souffler de la nouveauté sur des manteaux à double-boutonnage gris dont les manches descendent au-delà des poignets. Des touches de rose framboise, de bleu électrique et de beige rosé ponctuent les looks.

Fall Winter 2017 by @tommyton #proenzaschouler #nyfw

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Concernant les accessoires, les pochettes métallisées se portent sous le coude, près du corps, comme des paquets. Sur la plupart des looks, les bijoux géométriques apportent une touche arty tout comme ces derbies qui ont fait tomber les lacets. Plutôt que ces imprimés tribaux moins convaincants qu’ils ne l’ont été par le passé, nous retiendrons la complexité de ces robes à sequins drapées qui clôturaient ce show, ainsi que l’attention portée au tailoring comme au flou. Un clin d’œil couture qui ne tardera pas à conquérir Paris.

Backstage at Fall Winter 2017 by @tommyton #proenzaschouler

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Chez Yeohlee, d’irrégulières rayures banquier se portent sous des manteaux en laine minimalistes pour une silhouette à l’esprit boyish. Les pièces – et les looks – sont faciles à imaginer portés dans la rue, y compris ces imprimés utilisant la technique japonaise du shibori. Une mode accessible et qui plus est responsable comme le souligne régulièrement la créatrice qui s’attache à ce que ses collections soient « zéro déchet ».

Zadig & Voltaire à New-York ? Cette saison, la marque a fait le déplacement pour dévoiler sa collection de prêt-à-porter, imaginée comme un un hommage américanisé à son ADN, âgé de 20 ans déjà. Assurément rock, tous les hits qui ont fait son succès sont là : le pull marin boutonné à l’épaule porté par la top de tous les shows Bella Hadid, les pulls à messages – Fever, Muse, Zadig – cette saison en version XXL, et enfin le cuir, bien sûr, que l’on retrouve sur les slims et les mini shorts. Les couleurs tranchent comme sur ce look bordeaux, rouge vermillon et rose dont le bonnet pourrait être un clin d’œil aux fameux bonnets à oreilles de chats arborés par les manifestantes de la Women’s March, ou tout simplement un hommage décalé aux bonnets rouges, symboles des hipsters de Brooklyn. Résolument cool, les pantalons fluides se portent avec des baskets tandis que les slipdresses aux couleurs stabilo dévoilent plus qu’il n’en faut comme ces modèles imprimés léopard portés par les mannequins Dilone, nouvelle star des podiums et Sasha Pivovarova, qui fait son grand retour cette saison. Esprit militaire et inspiration lingerie se mélangent à des pièces plus classiques comme des costumes rayés ou à carreaux. Happy Birthday!

Le défilé 3.1 Phillip Lim s’ouvrait sur un manteau rose comme de la barbe-à-papa, ceinturé de velours et de métal et porté, jambes nues, sur un col roulé blanc. Une figure de style comme celles que le créateur se plaît à partager chaque saison avec ses clientes. Pièces phares de la collection, les pantalons taille haute se portent avec des t-shirts graphiques, avec ou sans la veste et même dans leur version rose à la coupe oversized. Un must-have. Les robes asymétriques nouées à la taille, dont certaines sont portées sur des sous-pulls, rappellent justement celles de Proenza Schouler. Plus adaptés à la vie de tous les jours, les doudounes, bombers et blousons en cuir se portent sur des tenues fluides blanches ou noires aux coutures contrastées. Après quelques futurs best-sellers – un coupe-vent et une longue veste en denim et peau lainée couleur pêche, de longs manteaux minimalistes accessoirisés par des petits sacs aux détails métalliques -, Phillip Lim s’autorise pour notre plus grand plaisir quelques variations autour du bleu Klein. Moderne et toujours bienvenu. Pour les plus audacieuses, il y aura toujours les corsets en cuir et les tops en crochet, ainsi que ces bottines stretch en satin, véritable succès commercial de l’hiver dernier.

#31Fall2017

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Chez Libertine, le pessimisme ambiant laissait place le temps d’un défilé à un vestiaire de party girl (tard dans la soirée, soit) dont les pièces les plus raisonnables sont certainement ces vestes brodées de toutes sortes de perles et de cristaux. Un sweat brodé « 23 Love Party Hardy » et une cape aux inscriptions utopistes – « La vie est un rêve » – ou plus fatalistes – « Good night » – sont aussi relativement envisageables in real life. À l’inverse, les total looks léopard, floraux ou imprimés de lettres qui défilaient cette saison resteront sur le podium.

Le velours dont je vous parlais comme d’une véritable tendance cette semaine était encore présent chez Zero + Maria Cornejo, notamment dans une teinte dorée privilégiée par les créateurs comme Jason Wu le week-end dernier. Outre cette matiere déjà indispensable, la créatrice présentait des jupes amples et des pantalons courts en cuir ainsi qu’un travail intéressant autour des plissés, remarquable sur un manteau rouge aux epaules arrondies ou sur un ensemble matelassé. Les manteaux longs à col de fourrure, beige ou marine, aussi méritent d’être évoqués.

Crushing on gold and velvet at @zeromcornejo. 💫✨ #NYFW #FW17

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Récemment nommés à la tête de la direction artistique d’Oscar de la Renta où ils ont fait leurs classes, Laura Kim et Fernando Garcia n’en ont pour autant pas oublié leur propre label, le très prometteur Monse. Ainsi, les deux créateurs présentaient successivement les collections des deux marques pour lesquelles ils officient. La collection Monse, tout d’abord, s’inscrivaient dans la lignée des précédentes, qui dès le premier défilé – il y a un an et demi seulement – mettaient la chemise à l’honneur à travers des coupes en biais, des couleurs franches et des drapés bien placés, prônant une déconstruction chic, relativement sage, mais incontestablement moderne. Pour l’hiver 2017, la chemise et la blazer, – uni ou à chevrons – subissent le même traitement : déconstruits puis reconstruits, ils dévoilent les épaules et donnent de la structure à la silhouette, qui malgré les nombreux volants reste longiligne, certainement grâce à ces ceintures qui apportent ce qu’il faut de rigueur. Si jusqu’ici, les clientes de la marque venaient pour ces chemises déjà devenues sa signature, elles trouveront désormais leur bonheur dans les cols en fourrure oversized qui donnent de la personnalité à cette parka kaki ou à ces blousons immaculés. Si les imprimés graphiques manquent pour ainsi dire leur cible, les détails de cuir et les rivets que l’on retrouve tout au long de la collection apportent un côté rock qui ne nous déplaît guère. Tout comme ces robes asymétriques en velours ou en satin aux couleurs primaires, qui tout aussi convaincantes pourtant, se font rapidement oublier au profit d’un magnifique trio de robes brodées de cascades de sequins.

#monsefall17

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Quelques minutes plus tard, chez Oscar de la Renta, le duo de créateurs semblait avoir perdu de sa liberté créative. Étonnamment minimaliste, la collection manquait presque de références au couturier disparu en 2014, si ce n’est ces robes et bustiers fleuris, en jacquard ou brodés de sequins. Si fluides chez Monse, les sequins apparaissaient au contraire rigides et les sacs fermés par un camélia géant n’étaient pas réellement modernes. Portées sous une robe en velours, les bottes brodées de pierreries ressemblaient, elles, à celles du dernier défilé Chanel Haute Couture. Par conséquent, ce soir-là, les pièces les plus intéressantes étaient les manteaux parfaitement coupés : de sublimes pièces en astrakan ainsi que d’autres modèles en laine – marine aux épaules cocon et blanc à revers – ou en fourrure rouge. De façon générale, le tailoring est également très réussi : la collection confirme le grand retour du color block, notamment sur des costumes-pantalons aux teintes saturées qui rappellent ceux de Raf Simons chez Calvin Klein.

#NYFW 👠 Show @oscardelarenta #ODLRFall17 #nyfw2017

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De larges pantalons et vestes de tailleur colorés faisaient aussi l’objet de discussions chez Eckhaus Latta. Dépareillés, ces ensembles possédaient moins d’impact que s’ils avaient été réunis. Le nylon, omniprésent dans la collection – notamment en gris sur les jupes, blousons et pantalons-, se voit offrir un nouveau traitement cet hiver : plus urbain, sans être pour autant qualifié d’avant-gardiste, tout comme cet ensemble en molleton blanc parfaitement portable.

Photo de couverture : (Défilé Proenza Schouler) Courtesy of The Impression

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