New York Fashion Week #4 Résolument Féministe, New-York Dévoile ses Tendances et ses Jeunes Talents

Avec Joseph Altuzarra, Victoria Beckham, Prabal Gurung ou Alexander Wang, mais aussi de jeunes marques comme Protagonist ou Chloe Gosselin, ce dimanche de fashion week n’était pas de tout repos. Bien au contraire. Il nous a pour ainsi dire offert les plus beaux moments de la semaine, entre intemporalité et créativité, audace stylistique et messages politiques, donnant le ton d’une fashion week plus que jamais féministe.

LE DEFILE Alexander Wang est toujours l’un des plus attendus de la semaine de la mode new-yorkaise. Cette saison, comme pour l’hiver 2015, le créateur signe une collection entièrement noire (sa couleur de prédilection) qui même si elle ne se démarque pas du reste des défilés par sa créativité, s’impose déjà chez les fans comme un lot de best-sellers. Prenez ces vestes, ces blazers et ces manteaux fermés par des boutons plats en métal ; ces pièces en denim ; ces imprimés Prince de Galles et micro pied-de-poule. Le tout porté sur des pantalons skinny, comme des leggings. Kendall et Bella sont là, cette dernière porte un t-shirt siglé « Night of Treason » sur son mini short en cuir, banane en cuir à la main. Les surchemises frangées et les robes en satin échancrées se portent unanimement sur des pantalons en cuir zippés de party girl, malgré l’inscription No After Party des collants qui reprennent le nom de la collection. Certaines pièces comme un bandana en fourrure et métal ou des blousons de cowboy apportent un léger côté western. Les accessoires aussi sont ultra rock, dans leur cuir noir clouté. Mais le plus intéressant vient le soir, avec ces robes à l’esprit déshabillé portées sur des collants en dentelle. No after party, vraiment ?

@micarganaraz and @annaewers backstage at @alexanderwangny’s Fall 2017 show. Photographed by @kevintachman. #NYFW

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Vous vous souvenez forcément des premières créations de Victoria Beckham. C’était en 2008, lorsque la créatrice dévoilait ses modèles de robes body conscious que toute la planète mode se mettait à désirer, coupant l’herbe sous le pied à tous ceux qui doutaient du talent de l’ex-membre des Spice Girls. Aujourd’hui, ses défilés sont parmi les plus prestigieux à New-York, et si Victoria Beckham n’a rien perdu de sa créativité, il semble même que sa vision du style ait évolué à en voir les coupes fluides de sa dernière collection automne-hiver qui devraient faire taire ceux qui la disent en situation de faillite. Après le velours dévoré de cet été, décliné dans des nuances vert menthe ou lilas, les robes près du corps aux découpes très féminines ont laissé place à des jupes longueur midi et des pantalons larges portés sous des blazers à la coupe droite ou des manteaux d’homme avec des chemises transparentes. Notons que les découpes dévoilant la peau sont toujours là, mais elles se font plus discrètes comme dans le dos de cette combinaison-pantalon – facile de le dissimuler sous l’un de ces sublimes pardessus… Les gants longs en cuir apportent une touche sophistiquée à la collection, tandis que la maille glisse une note plus sportswear parmi les looks. Les robes sont à col montant, bordeaux ou rouge vif. Il y a là de parfaits manteaux bleu marine ou gris dont les manches sont en volume, des costumes oversized qui confirment la tendance et des motifs géométriques bariolés comme sur ces pièces en maille très arty. La transparence et les volants de ces jupes portées sur de magnifiques bottes en cuir apportent de légèreté à l’ensemble. Victoria Beckham signe une collection plus féministe que jamais, montrant que l’empowerment – notion très à la mode cette semaine – ne passe pas que par les vestes à la carrure surdimensionnée mais aussi par la liberté de mouvement, celle de s’habiller pour une vie active et dynamique mais aussi et surtout de s’habiller pour soi.

See every look from my #VBAW17 show on my website now x VB victoriabeckham.com/collections

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Protagonist est l’une de mes marques fétiches. Pour ainsi dire, si je devais créer des vêtements, voilà à quoi ils ressembleraient. Depuis les débuts de la marque, je prends plaisir à voir ces pièces parfaitement portables taillées dans les plus belles matières pour des clientes à la recherche d’intemporels dans lesquels aucune faute de goût n’est possible. Pour l’hiver prochain, l’accent est mis sur les textures avec des robes, ensembles et manteaux en tweed noir uni qui se portent sur d’incroyables bottes en satin. Contrairement au défilé, le lookbook possède cet avantage de pouvoir mieux observer les matières comme l’impeccable soie de ces slipdresses ou de ces robes où la matière est travaillée comme des écailles. C’est, d’un coup, l’envie de double-boutonnage, sur un blazer ou un caban. De ces chemises plus pyjama que kimono. De ce blanc d’hiver, enfin, à voir la beauté de cette ultime robe à la coupe minimale ou de ces chemises aux manches oversized. Gageons qu’en communiquant autour de son savoir-faire de la coupe et de l’intemporalité accordée à ses créations, Georgia Lazzaro de chez Protagonist saura devenir l’un des personnages principaux de cette semaine de la mode new-yorkaise.

Pour un marque de denim, évoluer vers d’autres lignes de produits peut être un sacré défi. Chez Frame Denim, l’idée semble plutôt relever d’une certaine logique. La marque applique ainsi son savoir-faire au cuir (blousons, trenches) et au velours – tiens donc, encore lui -, omniprésent sur des costumes, vestes et pantalons, et plus étrangement sur une blouse victorienne, ultramoderne car associée à un jean dont les coutures semblent avoir été arrachées. On le retrouve même en total look sur une salopette ! Un costume-pantalon large et bleu marine se porte avec des baskets et une blouse immaculée, dont le col montant, les manches et les épaulettes d’esprit victorien là-encore signent la collection. Le denim ? Slim en haut, large en bas, cropped ou à revers XXL, effiloché ou coupé franc… Il y en aura pour tous les goûts.

Studded denim and frill neck blouses from #AW17 create a favorite look from the season

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On l’a compris, s’il y a bien une saison où les designers ont des messages à faire passer, c’est celle-ci : quoi de plus réjouissant, finalement, que la mode retrouve cette fonction indissociable de ses autres caractéristiques, qu’elles soient simplement fonctionnelles, ostentatoires, de séduction ou d’expression de soi ? De la casquette Make America New York, au plus direct We Need Leaders, le duo Chow-Osborne de Public School a présenté une collection engagée sous influence streetwear, qui au-delà du message politique était pleine de propositions stylistiques plus ou moins intéressantes. Du côté des imprimés, nous retrouvons des carreaux et des rayures travaillées de façon très urbaine sur des pièces oversized mais aussi du patchwork, qui tout comme le denim appuie l’argument central de la collection : c’est bien l’atmosphère actuelle de New-York qui a inspiré les créateurs dont les doudounes oversized, portées à même la peau comme des protections rappellent celles de la dernière collection masculine de Rick Owens. Là-encore, nous retrouvons cette dimension survivaliste présente dans de nombreux défilés depuis le début de la semaine, comme un symbole de résistance.

Behind the Scenes | Public School Fall '17 Collection "You're Welcome" #makeamericanewyork

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La silhouette tout en longueur de Rosetta Getty n’est certes plus aussi surprenante qu’il y a quelques saisons, mais ces pantalons trop longs d’une bonne dizaine de centimètres sont si fluides et flatteurs que l’on ne peut se passer de les regarder. Les pièces en soie ou en crêpe sont les plus réussies, tout comme les longues robes du soir, en particulier ce dernier modèle noir, dont une manche se termine en véritable traîne jusqu’à toucher le sol. À porter avec un collier ou une paire de boucles d’oreilles en diamants pour un look idéal à l’approche de la saison des tapis rouges.

This is how I want my closet to look like #neutrals @rosettagetty #rosettagetty

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Chez Chloe Gosselin, la créatrice de chaussures la plus en vue du moment, les souliers semblent avoir été pensés pour accessoiriser les silhouettes aperçues cette semaine : les sandales en velours brodées de cristaux et les mélanges de cuir, dentelle ou velours finiraient à la perfection les silhouettes de Joseph Altuzarra ou de Jonathan Simkhai. Les broderies de cristaux apportent une touche de affinement à des escarpins ultra féminins, signature de cette Française, brillante finaliste des CFDA Awards 2016.

Parler du féminisme comme une tendance serait un peu réducteur. Habituellement, il faudrait plutôt envisager la mode comme un moyen d’exprimer un désir de liberté. Plus que jamais cette saison, la volonté de réaffirmer la liberté de choix des femmes à travers le vêtement est citée par de nombreux créateurs comme leur première source d’inspiration, presque comme un mot d’ordre. C’est également le cas chez Tome, où le corps reprenait le pouvoir sur les chemises signatures de la marque. Des zips et des coutures bien placées dessinent une taille comme corsetée, sans être contrainte, relevant la poitrine et affinant la taille. Notamment sur une robe en velours d’un jaune foncé aux nuances dorées similaire à d’autres pièces aperçues cette semaine. Très flatteurs pour la silhouette, les motifs trompe-l’œil redessinent le corps féminin – non sans humour d’ailleurs – dans cette garde-robe essentiellement monochrome où les épaules sont arrondies. C’est donc tout naturellement que les créateurs de la marque ont choisi de faire défiler Candice Huffine, parmi d’autres mannequins « grande taille », et Jacky O’Shaughnessy, la charismatique sexagénaire qui a déjà posé pour American Apparel.

Chez Co, d’intéressantes pièces en velours peint ou plissé et en satin à imprimés graphiques se déclinent dans des tons de beige, d’écru et de chocolat. Les manches ou les épaules en volume font écho à d’autres modèles vus cette semaine. Sauf qu’ici, tout est pensé pour le quotidien comme ce manteau beige à manches ballon, un futur essentiel.

Chez Gypsy Sport, un pardessus métallisé argent ressemble à s’y méprendre à une couverture de survie, tandis que les pièces imprimées camouflage ne laissent rien au hasard quant à l’inspiration qui se cache derrière ces créations. Peu de designers osent s’inspirer de l’univers des sans-abris dans leurs collections : souvenez-vous du scandale provoqué par la collection Clochards de John Galliano chez Dior. Pourtant, plutôt que de sublimer l’un des défis auxquels sont confrontés les politiques – que l’on refuse d’ailleurs bien souvent de regarder en face -, le créateur Rio Uribe prend la rue comme un prétexte pour justifier sa collection aux influences roots et survivalistes qu’il n’est pas le seul à revendiquer cette saison. Sur le podium, cela donne lieu à un melting-pot énergisant, parfois absurde, qui a au moins le mérite d’attirer l’attention sur un véritable problème de société.

Quoi de neuf chez J.Crew ? Comme chaque saison, c’est au travers d’un lookbook que nous découvrons les mélanges d’imprimés et de couleurs audacieux de la marque américaine. De larges pantalons mauve, rouge vif ou vert olive, du velours moutarde ou bleu marine, des pièces militaires faites pour tous les jours… Portés par des « real people » pour reprendre les mots de la marque lors de la présentation de sa collection, ces essentiels ne tarderont pas à rejoindre les dressings.

Pour la troisième collection de sa marque Sies Marjan, Sander Lak reprend les codes qui ont fait sa (fulgurante) réussite : de la couleur avant tout, mais aussi de la fluidité, des coupes en biais jouant sur les longueurs et des matières innovantes, uniques même. De la couleur, premièrement : du bleu céruléen, du rose qui accroche la rétine, du vert menthe comme sur ce pull en maille torsadée, de la fourrure orange clair… Les superpositions n’ont rien de lourd chez ce créateur : bien au contraire, elles sont la clé de cette fluidité. Cette saison encore, les matières sont au cœur du processus : le jacquard de Sies Marjan ne ressemble à aucun autre et son satin de soie est des plus futuristes. Mais certaines pièces sont étonnamment faciles à imaginer dans la vie réelle : un manteau beige frangé, des ensembles et des robes en soie blanche ou une blouse nude portée par Bella Hadid. Dans le sillage de Sasha Pivovarova qui clôture le show, Lak salue son audience en col roulé violet, pantalon beige et baskets aux pieds. Une leçon de style.

Beaufille est l’une de ces marques émergentes dont les créatrices – deux sœurs – sont en permanence à la recherche de pièces intemporelles faites pour être portées sans pour autant tomber dans la catégorie « basiques ». Au même titre qu’Ellery – cette tunique vert olive sur un pantalon large noir ressemble beaucoup à certaines silhouettes de la créatrice Kim Ellery -, Beaufille mise sur des volumes exagérés taillés dans des matières nobles. Pour l’automne, les robes se portent au dessus de pantalons fluides qui balaient le sol. Là-aussi, des corsets soulignent la poitrine tout comme les surpiqûres savamment placées sur des robes longueur midi. De même, les tops sont découpés de telle manière qu’ils découvrent la peau sans trop en dévoiler. Le fameux vert olive, lui, se retrouve tout au long du lookbook dans un manteau à double-boutonnage au revers XXL ou dans des pantacourts en forme de trompette.

Qu’en est-il de Vaquera ? Le premier défilé de cette autre jeune marque s’ouvre sur une chemise blanche oversized brodée de cristaux portée comme une mini robe, poches et col surdimensionnés. Rien de spectaculaire ? Attendez de voir la suite : après un homme en tablier de soubrette au-dessus de son costume, les filles Vaquera débarquent, entre autres, en costume imprimé façon papier journal sur lequel apparaît la silhouette d’Audrey Hepburn. D’ailleurs, la pochette bleu ciel iconique de Tiffany & Co. fait ici l’objet d’un détournement, transformée en mini robe griffée Vaquera & Co. Porté sur une jupe en pied-de-poule frangée, le t-shirt imprimé du logo Vaquera tâché de cambouis trouvera certainement preneurs parmi les early adopters. Comme cet autre modèle, imprimé d’un homard sur plateau d’argent, clin d’œil à Elsa Schiaparelli ? En tout cas, oui au pantalon noir brodé de cristaux associé à ce drôle de t-shirt. Les uniformes de chefs cuisiniers ont inspiré le quatuor de créateurs de la marque qui les revisitent sous forme de chemises blanches, tandis que la toque en papier est détournée en mini robe. Après tout, pourquoi faudrait-il toujours trouver un sens aux choses ? Certainement inspirés par les liens entre Paris et la gastronomie, ils brodent une Tour Eiffel en cristaux sur un top en toile kaki et se lâchent sur les pièces en denim : un soutien-gorge conique à la Jean-Paul Gaultier et un jean oversized taille haute façon corset coupés dans la même toile. Comme le large jupon transparent, cette robe parachute en satin doré plaira forcément aux princesses d’aujourd’hui. Ultime clin d’œil à la nation américaine, le drapeau américain se transforme en une mini robe à la traîne oversized. Vaquera est définitivement une marque à suivre.

💍 @voguerunway 💍

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VAQUERA FW17

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Bien loin de l’avant-garde, Jenny Packham n’a décidément pas peur des clichés : en rendant hommage à la culture britannique, elle décline ses robes favorites dans des motifs tartans brodés de perles ou de cristaux, que l’on retrouve aussi sur des robes ou des pantalons tout en transparence. Le t-shirt à motif corgi ? Too much, comme la plupart des looks, d’ailleurs. Mais un peu d’humour n’a jamais fait de mal à personne !

Après avoir réinjecté du cool dans la marque éponyme de Diane von Furstenberg, dont il a successivement repris la direction artistique, changé le logo, et réinterprété les codes à travers une collection printemps-été très remarquée actuellement disponible en boutiques, Jonathan Saunders a présenté sa seconde collection, fidèle à l’esprit de la fondatrice. Les premiers looks sont imprimés de traits graphiques avant de laisser place à des motifs floraux, rayés ou animaliers portés avec de la fourrure colorée. Le créateur britannique s’est également appliqué sur les textures : de la fourrure au cuir en passant par le velours, mais aussi plus fantaisiste dans son utilisation des sequins de toutes tailles. Enfin, les sacs présentés ici ne ressemble à aucun autre modèle actuellement sur le marché. Petite maroquinerie, anses, lanières et autres portés-clés colorés customisent ces besaces et pochettes joyeusement colorées, que DVF elle-même ne devrait pas tarder à adopter. Ironiquement, je dirais que la pièce la plus réussie de cette collection est aussi la plus sobre de toutes : une asymétrique et intemporelle petite robe noire.

@sophierask captured at the @dvf + @saundersstudio presentation #nyfw @voguemagazine

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Zac Posen a choisi de présenter sa dernière collection sous forme de lookbook, renonçant à une mise en scène plus spectaculaire, ce qui correspond plutôt bien à l’esprit de la collection, constituée de petites robes fluides dans des couleurs sages – blanc, bordeaux ou bleu marine, et d’un (certes, très beau) tailleur de première dame. Pour autant, le créateur ne délaisse pas ses robes en satin iconiques ou ses modèles bustiers à l’allure fifties. Le Liberty et les broderies florales brouillent les pistes et font souffler un air de printemps.

La transition est toute trouvée puisque dans un restaurant (!) Lela Rose faisait défiler des robes imprimées de tulipes et brodées de pétales ou de dentelle florale. Sur deux ensembles monochromes (version écru ou vert sapin), les manches prennent du volume, et apportent une touche de modernité parmi les traditionnelles robes à fleurs de la créatrice.

Quoi de mieux qu’un t-shirt pour exprimer ses revendications ? Tout comme Jonathan Simkhai ou Christian Siriano la veille, Prabal Gurung croit au pouvoir du t-shirt à slogan pour délivrer ses messages féministes. Ainsi, lors du final, ses mannequins, bandanas blancs au poignet, arboraient des modèles de t-shirts en coton imprimés de phrases que l’on aurait pu entendre lors de la Women’s March en janvier dernier, où des milliers de femmes ont défilé pour leurs droits dans les rues de Washington. L’un d’entre eux est d’ailleurs un clin d’œil à la créatrice de Dior et à ses t-shirts à slogans créés pour l’été : sous le « Yes, We should all be feminists », Prabal Gurung fait preuve d’humour en citant « Thank you, Chimamanda and Maria », en hommage à l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie qui prononça cette phrase lors de sa célèbre conférence TED du même nom. Ailleurs, « I am a Michelle », « I am a Rosa », « I am a Malala », « I am a Gloria », « The future is female » ou « Voices for Choices » célèbrent les icônes féministes et leurs discours. Le slogan « Our minds, our bodies, our power » prend tout son sens sur la top plus size Candice Huffine. Un modèle « PG x PP » est piqué du fameux badge rose du CFDA pour le planning familial. D’autres sont imprimés « Revolution has no borders », « I am an immigrant », « Break down walls » ou encore « I have a dream »… Enfin, Joan Smalls clôturait le show avec son t-shirt « We will not be silenced ». Difficile de faire plus engagé. Idéaliste, Prabal Gurung ? Non, résolument optimiste ! Sur un air d’Imagine de John Lennon, la salle a délaissé un instant ses smartphones branchés en boucle sur Instagram pour applaudir chaleureusement le créateur d’origine népalaise qui est apparu, plein d’émotion, dans son t-shirt « This is what a feminist looks like ». 

Backstage love @bellahadid & @prabalgurung 📸 @ben_sklar #nyfw

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Généreuse, la marque reversera une partie des bénéfices de ces t-shirts d’ores et déjà disponibles sur son site aux associations American Civil Liberties Union, Planned Parenthood et Shikshya Foundation Nepal. Concernant la collection en elle-même, Prabal Gurung revisite certains best-sellers des saisons passées comme sa maille texturée, avec un focus sur l’outerwear porté sur de la soie féminine déclinée dans des couleurs neutres. Les robes drapées jaune ou vert émeraude reflètent un certain goût du créateur pour la couleur, que l’on retrouve dans ses patchworks de fourrure. Néanmoins, les motifs floraux divisent : parfois réussis comme sur ce manteau de fourrure prêt pour apparaître en une des blogs de street style, mais plus délicats à porter dans leur version total look. Les plus belles pièces ? Un costume nude aux manches fluides ainsi qu’une superbe robe blanche à plusieurs épaisseurs de tissu. Du côté des tendances, cette collection confirme que le bordeaux fera de la résistance l’hiver prochain, présent notamment sur une robe en velours ou un costume pantalon porté avec une minirobe frangée à l’esprit lingerie. D’ailleurs, les micro-franges rappellent celles vues lors du défilé Erin Fetherston en début de semaine. Et pour les plus audacieuses, il y aura toujours ces extraordinaires robes transparentes, entièrement brodées de cristaux…

#NYFW Day 4 @prabalgurung as far as I'm concerned the future is #BellaHadid #prabalgurung #TheFutureIsFemale

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Pour finir la journée en beauté, rien ne vaut un défilé Altuzarra. Celui-ci, tout particulièrement, faisait la part belle aux broderies et autres ornementations. Après tout, quoi de plus logique dans une collection inspirée de l’art de la Renaissance ? Ainsi, les manteaux, vestes et capes unis ou en pied-de-poule qui ouvrent le show sont relativement sobres par rapport au reste des pièces, et ce malgré leurs imposants brandebourgs et leurs cols en fourrure soyeux. Coiffées de serre-têtes, les femmes Altuzarra défilent dans des tenues opulentes, entre histoire et modernité, avec des pulls à motifs argyle – un clin d’œil à une précédente collection du designer ? -, des vêtements d’extérieur en matelassé diamant ou des laçages façon corsets. Joseph Altuzarra se plaît à valoriser l’artisanat dans ses collections. Ici, il s’exprime dans de remarquables jacquards floraux, comme sur ce manteau fermé par trois rubans en satin noir. En regardant la fourrure de près, on s’aperçoit que ce qui de loin s’apparente à des pois est en fait un motif fait de perles baroques. Perles que l’on retrouve à la place des boutons sur les manteaux et les vestes. Les matières sont évidemment nobles, comme l’illustrent ces longs gants de cuir ou ce velours, LA matière de l’hiver s’il ne fallait en retenir qu’une. D’ailleurs, ce sont bien les pièces en velours qui sont les plus désirables : un tailleur bordeaux (la couleur dominante de la collection), une robe jaune, un autre ensemble bleu marine ou, coup de grâce, une robe violette brodée de sequins similaires à de la nacre qui a suscité l’émoi des premiers rangs. Tout comme ce superbe ensemble noir brodé de perles dorées, une Renaissance à part entière. Pour le final, Joseph Altuzarra a pris l’habitude de présenter une série de robes du soir qui s’appuient sur un savoir-faire exceptionnel. Cette saison, il ne déroge pas à la règle : elles sont toutes plus magnifiques les unes que les autres.

Pour ne pas tomber dans le costume ou le premier degré, les pièces les plus théâtrales se portent avec des rangers ou des pantalons en cuir de motarde dans un esprit presque punk, que l’on retrouve dans les perles piquées comme des clous ou les rayures du défilé. Le nouveau sac d’Altuzarra devrait aussi séduire un nombre croissant de working women à la recherche d’un compagnon de tous les jours, notamment pour le bureau. Si l’accessoirisation, en ayant toutefois le mérite de moderniser les looks, confère une certaine lourdeur à la silhouette, celle-ci est contrebalancée par des broderies d’un raffinement exquis. Une fois sur les portants, soyez certains que les robes et les vestes brodées seront d’une élégance inouïe, fidèles à l’esprit de la marque. Car en matière de féminité, de séduction et d’empowerment, il devient décidément de plus en plus difficile d’égaler le talent de Joseph Altuzarra.

Rich yet refined. The exquisite detail of #AltuzarraFW17 was from another time. #NYFW #SaksStyle p: @alepix

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Photo de couverture : Prabal Gurung et ses modèles dans leurs t-shirts imprimés de slogans féministes. Courtesy of Kelly Taub/WWD/REX/Shutterstock

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