New York Fashion Week #2 Tailoring, Sensualité et Références Américaines

Intense, créative, énergisante… Même sous la neige, New-York reste la plus vibrante des mégapoles : d’où la difficulté de résumer cette deuxième journée de Fashion Week en un minimum de caractères. Voici mon compte-rendu see-now, read-now illustré par le meilleur d’Instagram.

VENDREDI, le défilé très attendu de Raf Simons pour Calvin Klein Collection était assurément l’événement de cette fashion week new-yorkaise. Dans un décor de l’artiste Sterling Ruby, le créateur belge rendait hommage à la culture américaine, plus largement que dans sa sublime collection homme entièrement dédiée à la ville de New-York présentée il y a quelques jours. Les cols des sous-pulls, portés sous des chemises color block, sont brodés du chiffre 205 qui n’est autre que le numéro du siège de la marque, situé dans le Garment District de New-York. Il faut avoir l’œil. Mais les fans de Raf Simons savent qu’il sait être là où personne ne l’attend. Ses pantalons d’homme pour femme, déclinés en écru, vert ou rouge, sont prêts à être portés pendant des années, tout comme l’intemporelle veste orange que portait Laura Harrier en front-row, un blazer Jil Sander par Raf Simons datant de… 2008 ! Sans provoquer de révolution, cette collection pose les bases d’une nouvelle ère et confirme que le courant minimaliste est loin d’avoir donné son dernier mot – oui à ce manteau bleu marine ! Au milieu des executive ladies dans leurs tailleurs à carreaux gris, parfois rehaussés d’une touche de couleur pop, les couches de plastique recouvrant les manteaux de la collection apportent une drôle de consistence liquide à ces pièces définitivement « Packed for New-York ». Le manteau en fourrure jaune ainsi emballé et porté par Julia Nobis doit déjà faire l’objet de toutes les convoitises de la part des stylistes. Puis, un drapeau américain s’invite sous un pardessus à carreaux, comme un ultime clin d’œil. Les total looks denim ou cuir se chargent du reste. Entre les lignes graphiques, quelques fleurs poussent sur les robes ou les blousons de cuir. En souvenir de chez Dior, Monsieur Simons ?

Look 24, Calvin Klein Fall 2017 Men’s + Women’s RTW. Watch the show at calvinklein.com. #CALVINKLEINFW17

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Chez Hellessy, le satin de soie et le lurex tissent des looks du soir contemporains et toujours féminins. Les épaules sont dénudées par des jeux d’asymétrie et des drapés, tandis que les pantalons fluides, omniprésents cette saison, allongent la silhouette et dessinent une ligne tout en mouvement. Sur un top ou un sweat oversized, le jacquard fleuri se fait étonnamment moderne.

Backstage AW17 #nyfw #hellessy

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En jouant sur les superpositions de différentes longueurs, dans une palette de noir et blanc soulignée par quelques touches de gris ou d’or, Milly livre une collection ultra-réaliste où les pièces prises individuellement priment sur les looks : les vestes aux épaules carrées et les pantalons fluides, deux indispensables déjà omniprésents dans les collections de l’été prochain, sont ici plus que convaincants. Les cropped tops, qu’ils soient sophistiqués (ornés de volants) ou plus casual (à col rond) se portent en toute occasion, comme sur ces robes du soir asymétriques, sur des chemises blanches retravaillées, ou très près du corps pour donner de l’équilibre à un pantalon large en cuir. De quoi confirmer une sévère tendance à la déconstruction.

@milly Fall/Winter 2017 Runway Show #millyfall17 #millymoment "fractured" #bloomiespr

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Chez TSE, l’inspiration n’était autre que Cy Twombly, dont les œuvres sont actuellement exposées à Paris, au Centre Georges Pompidou. D’où ces pulls et manteaux sur lesquels se dessinent des motifs géométriques inspirés par les tableaux de l’artiste, retranscrits dans un magnifique cachemire graphique, qui, noir, blanc, ou décliné dans un patchwork de teintes pastel, mériterait au moins une exposition.

En dix ans d’existence, Carly Cushnie et Michelle Ochs ont établi une silhouette reconnaissable faite de robes bodycon extrêmement féminines, à la coupe épurée et déclinées dans de riches aplats de couleur, qu’elles-mêmes se plaisent à porter à la fin de leurs shows. Cette saison, les bretelles de leurs slipdresses se multiplient et jouent l’asymétrie, retenant de délicates robes en satin aux couleurs dragées – rose, bleu, jaune – qui associées à de suggestives découpes ne laissent en rien deviner qu’il s’agit là d’une collection hiver. Si les modèles brodés de sequins triangulaires ne sont pas les plus réussis cette saison, c’est certainement parce qu’ils s’éloignent de l’épure caractéristique des plus beaux succès de la marque. Lorsqu’elles s’appliquent à couper leurs si désirables robes ou leurs jumpsuits fluides, il va de soi que Cushnie et Ochs, en plus de réunir un casting de rêve chaque saison, savent proposer les modèles les plus sexy qui soient.

Fuegoooooo @cushnieetochs #cushnieetochs 🔥#hirunway

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Il suffit parfois de peu pour lancer une tendance : les tailleurs plastifiés de Linder confirmeront-ils l’idée développée par Raf Simons chez Calvin Klein vendredi matin ? Seul l’avenir nous le dira, mais ce qui est sûr, c’est que le vestiaire de working woman revisité par Demna Gvasalia dès son arrivée chez Balenciaga a fait des émules chez de nombreux créateurs.

Jeremy Scott, lui, faisait défiler ses mannequins sur une épaisse moquette blanche, propice à la rêverie. « An idea has to start from somewhere so why not from a dream?! » twittait le créateur fin 2012… Cette citation qui avait retenu mon attention trouve parfaitement sa place dans ce délire de mode où se mêlent références bibliques (des imprimés Jésus à l’esthétique on ne peut plus douteuse), pop (rayures bariolées, broderies à la Elvis Presley), nineties (overdose de velours rose à la Juicy Couture, hoodie et jogging pailletés) et militaires (cette veste en sequins kaki a tout d’un must-have) ! Après ce défilé des plus excentriques, quiconque pourrait croire Jeremy Scott à court d’imagination… Ce serait mal connaître le designer qui présentera le reste de ses fantasques idées chez Moschino, à Milan, dans les jours à venir.

angel walking on clouds @gigihadid @jeremyscott #nyfwfw17 📸: @streetwalker_nyc

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Jason Wu, enfin, célébrait les dix ans de sa marque. Ce serait malhonnête – et de toute façon inutile – d’essayer de vous cacher mon admiration pour ce créateur d’origine taïwanaise connu du grand public pour avoir habillé Michelle Obama à plusieurs reprises lors des deux mandats de son mari. Justement, cette robe-manteau rouge n’est-elle pas tout ce que l’on rêve de voir sur une First Lady ?

Jason Wu FW17 @jasonwu runway at #nyfw – by @leeoliveira

Une publication partagée par New York Times Fashion (@nytimesfashion) le

Ici encore, il est question de velours : côtelé, ras, dévoré… Sous toutes ses formes, la matière phare de l’hiver que seuls le denim et le satin de soie arrivent à égaler après deux journées de fashion week est sublimée par un travail rigoureux sur la couleur. On le retrouve ainsi en petites touches, comme des pétales qui se seraient écrasés sur ces robes aux jeux de manches asymétriques, sous forme de long ruban noir gracieusement enroulé autour du cou, puis sur le revers d’un parfait blazer. Ou plus radical, en total look sur une robe et un ensemble jaune d’or. Les patchworks de matières sont à regarder de près, et les pièces imprimées de carreaux se portent les yeux fermés, accessoirisées de mini sacs boîtes et de mules en veau velours à petits talons. Enfin, les robes du soir dévoilent le corps sans pour autant le montrer grâce à un subtil jeu de cristaux tout en lumière. Malgré un certain manque de cohérence dans cette collection, qui n’est pas sa plus réussie – ces imprimés floraux ont-ils véritablement leur place ici ? -, il se dessine de saison en saison une véritable silhouette Jason Wu, ce qui représente l’ultime consécration pour tout créateur. Que ce soit dans une façon particulière de dessiner ou une manière unique de couper le vêtement, cela ne s’explique pas toujours, et c’est bien là toute la magie de la mode.

#NYFW Day 2 @jasonwu

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Photo de couverture : Courtesy of Calvin Klein

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