Haute Couture : Le Grand Bal Féérique de Dior

Inspirée par les multiples évocations des labyrinthes, Maria Grazia Chiuri a présenté son premier défilé Haute Couture pour la maison Dior dans une scénographie digne des plus beaux contes de fées. Un décor de nature rêvée, à la fois onirique et sombre, au sein duquel la créatrice italienne a dévoilé une collection à la hauteur de son talent.

ENTRE LES HAIES, sur le tapis de mousse, et sous les clés dorées, ampoules, cartes et autres rubans pendant du plafond a défilé une nuée de muses modernes, parfaites incarnations de l’esprit Dior. Dans cet incroyable songe, pourtant bien réel, les tailleurs bars en laine sont noirs, fluides, et dotés de capuches à la manière de chaperons. Sur de larges pantalons, dont la plupart sont plissés tels des jupes longueur midi, les mannequins portent des vestes inspirées de celles de Monsieur Dior sous d’élégants masques en formes d’oiseaux, d’insectes ou de lépidoptères. Puis viennent les coiffes de plumes et de fleurs apportant une touche d’excentricité à cette fête, sublimant les longues robes bustiers en organza et dentelle et les capes en laine, cachemire ou velours.

Un rare moment de mode

« Fantasme Onirique », « Mystère et Songe »… Les noms des modèles sont évocateurs de l’esprit de la collection : pour suggérer cette dimension onirique, Maria Grazia Chiuri a utilisé des matières vaporeuses, brodé de pétales ses robes de nymphes en tulle de soie,  et confectionné ses tenues de grand bal dans des dégradés aériens aux couleurs de l’aube ou du crépuscule. Certains modèles – « Mémoire d’Été », « Essence d’Herbier » s’inspirent de ces collages de fleurs d’un autre temps, illustrés par des coquelicots et des pensées comme posés à plat entre les couches de tulle ou des bouquets brodés en raphia. Dans un registre plus sobre, et ce malgré leurs impressionnants décolletés, les longues robes plissées en tulle sombre – dont l’une est très intelligemment associée a du lamé or – paraissent bien sages, mais tellement ancrées dans la réalité : quoi de plus réjouissant que de les imaginer sur tapis rouge ?

Ce défilé Dior fait partie de ces rares moments de mode où l’on voudrait regarder les pièces défiler au ralenti, d’autant plus à une époque où tout va si vite. D’ailleurs, quel plaisir de voir les invités se lever à la fin du show, alors que ces dernières années, les smartphones ont remplacé les traditionnels applaudissements…

Nuit de fête

Le soir venu, c’est au bal masqué que les plus belles créatures de la mode se sont donné rendez-vous : derrière les masques, les égéries de la maison Bella Hadid, A$AP Rocky ou Rami Malek côtoient Chiara Ferragni, Kendall Jenner ou Eva Herzigova venues se cacher parmi les invités. Bernard Arnault et son fils Antoine, Sidney Toledano ou encore Victoire de Castellane sont aussi de la partie.

À en voir les coulisses, très largement publiées sur Instagram, une nuit placée sous le signe de l’extravagance, à mi-chemin entre Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick et Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Car entre les chevaux noirs coiffés tels des licornes et l’opulent banquet servi aux invités flottait un parfum de subversion. S’agissait-il de celui des femmes Dior d’aujourd’hui, que les masques et les robes de bal n’empêchent en rien de se dévoiler ? Certainement. Ce soir-là, au Musée Rodin, il flottait aussi délibérément un parfum d’audace, celui d’une maison de Haute Couture qui à 70 ans, incarnée pour la première fois par une femme, se révèle plus moderne que jamais.

Photo de couverture : Courtesy of Dior

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s